Ziguinchor : la société civile réclame une justice accélérée pour les victimes politiques face aux lenteurs des dossiers

23 août 2025

Hier, Frapp, Vision citoyenne, l’Ona2J et Amnesty International ont organisé une conférence avec les victimes et les proches pour discuter de l’ampleur des tragédies endurées par le peuple sénégalais lors des répressions entre 2021 et 2023. Cheikh Tidiane Sy, coordonnateur de Frapp, a rappelé que «Plus de 1000 détenus politiques, 85 morts, plus de 500 blessés. Ces chiffres traduisent non seulement la gravité des violations, mais aussi l’urgence d’une justice véritable».

La société civile a salué les efforts de l’État, notamment l’indemnisation et l’accompagnement des familles des victimes pour accomplir le pèlerinage à La Mecque, l’indemnisation des victimes et la récente instruction du ministre de la Justice au Procureur général afin d’ouvrir des enquêtes et faire toute la lumière sur ces événements tragiques. «Ces initiatives témoignent d’une volonté affichée du gouvernement d’élucider cette affaire. Toutefois, nous ne pouvons ignorer les profondes inquiétudes face aux lenteurs constatées dans le traitement des procédures. Nous demandons et insistons pour que les victimes et leurs familles obtiennent justice. Ces actions louables entreprises par l’Etat ne sauraient remplacer l’essentiel, qui est de rendre justice aux victimes et à leurs familles. Tant que cette justice tarde, un sentiment d’impunité risque de s’installer, perpétuant ainsi les bavures, la répression des droits», a développé Cheikh Tidiane Sy.

Madia Diop Sané pointe également du doigt les lenteurs. «Certains ont tué, la police s’est dédouanée en disant que ces gens ne font partie d’eux. Donc que la Justice fasse son travail», a déclaré le coordonnateur de Vision citoyenne. M. Sané n’est pas d’accord avec ceux qui estiment que le temps de la Justice n’est pas le temps du Peuple. «On rend la Justice au nom du Peuple, et c’est le Peuple qui édite les lois. Il faut que la Justice fasse son travail en mode fast track», a-t-il dit. Pour Madia Diop Sané, «si le gouvernement ne veut pas donner l’impression qu’elle veut faire de l’impunité une règle, il faut dire à la Justice de faire son travail».

«Nous avons déposé une plainte et allons la suivre jusqu’au bout. Des entreprises, des bars, des hôtels, des motels ou des lieux privés où l’accès est payant, sont visés.» A l’en croire, le procureur a déjà instruit le dossier. «Nous avons été auditionnés au niveau de la Section de recherche de la Brigade de gendarmerie de Ziguinchor», révèle-t-il. La plainte en question demande à tous ceux qui occupent le littoral de fournir les documents attestant de leurs propriétés ou leurs droits de construire des bâtisses. En effet, bien que le domaine fluvial et maritime soit un domaine inaliénable, qui ne doit pas faire l’objet de vente, des entreprises se sont installées tout au long du littoral depuis des années.