Originaire de Réw Mao, l’un des bastions de la lutte dans le Baol, Saliou Lô, alias Zale Lô, est arrivé à Dakar en 1985. Du même village que l’ancien lutteur Cheikh Mbaba, il a fréquenté quatre écuries au cours de sa carrière.
Issu de Réw Mao, l’un des bastions de la lutte dans le Baol, Saliou Lô, que l’on surnomme Zale Lô, rejoint Dakar en 1985. Originaire du même village que Cheikh Mbaba, figure majeure du Baol, il parcours à travers sa carrière plusieurs écuries, au nombre de quatre. Ses débuts l’amènent à passer par l’écurie Médina pendant quelques mois avant d’être orienté vers Fass, selon les conseils de son mentor. C’est précisément à ce moment que s’accentue la fracture entre les deux grandes figures du Baol. En effet, Cheikh Mbaba quitte Fass avec Amadou Katy Diop pour fonder Ndakaru. Selon des sources concordantes, Mbaba, en tant qu’aîné, aurait demandé à son cadet de le suivre dans cette nouvelle aventure. Zale Lô, pour sa part, préfère continuer à Fass. Cette divergence ouvre des fissures dans l’unité du Baol. Néanmoins, Zale Lô poursuit son chemin à Fass et bénéficie d’un rayonnement sportif sans égal. Le Baol tout entier voit en lui l’héritier capable d’imposer sa domination sur les arènes. En 1996, il remporte le Drapeau du chef de l’État face à Yékini et poursuit une carrière notable en équipe nationale de lutte. Sa rivalité avec Tapha Guèye le pousse ensuite à quitter Fass pour lancer l’écurie Force Tranquille. Cependant, Zale Lô ne parvient pas, par la suite, à régner durablement au sommet. Sa carrière connaît un déclin jusqu’à sa retraite. « J’avais tous les arguments pour devenir un “Roi des arènes” ».
Mais le destin ne l’a pas voulu. J’ai tout fait pour que la lutte se développe au Baol. J’étais le digne représentant de ma communauté, même si j’étais à Fass. J’incarnais l’esprit Baol-Baol et cette philosophie de vaincre. On a tout fait pour la lutte. On ne peut pas parler de la lutte sans le Baol. Ce n’est pas possible. Nos enfants, nos neveux ont suivi nos pas. Nous avons les meilleurs amateurs et de grands promoteurs », disait-il lors d’un entretien. Écurie Force Tranquille, de l’espoir à l’échec Le Baol a toujours eu ses écoles et ses écuries de lutte. Force Tranquille, créée par Zale Lô après son départ de Fass, devait en être la formation fanion. Elle avait réussi à éclipser Baol et les autres entités. Malheureusement, la montagne a accouché d’une souris. Autour de Zale Lô, tous les espoirs du Baol reposaient pourtant sur Force Tranquille. Feu Moussa Dioum, Katy 2, Mbaye Diouf, ancien de Fass, Ndauf, entre autres, composaient cette formation. Le Baol pensait avoir enfin un groupe solide, performant et capable de relever tous les défis dans l’arène. Que nenni ! Force Tranquille s’est transformée en champ de ruines. Échecs sportifs, rivalités entre lutteurs, méfiance, manque de leadership : la formation a fini par éclater en mille morceaux.
Zale Lô a regretté ce rêve brisé d’une formation qui pouvait aller loin. « On ne va pas revenir sur cette page sombre de notre histoire. Cette écurie a fait son temps. On pouvait aller loin. Mais il y a eu trop de facteurs externes qui ont influencé négativement. Force Tranquille n’existe plus. Il y a d’autres écuries qui représentent dignement le Baol », avoue-t-il. Selon plusieurs dignitaires du Baol, Zale Lô était en partie responsable de cet échec. D’après eux, il n’avait pas l’habitude de gérer un groupe. À Fass, il bénéficiait d’une équipe à son chevet. À Force Tranquille, il devait tout faire lui-même, ce qu’il n’a pas réussi à accomplir. Pour d’autres témoins, Zale Lô avait abandonné certains de ses amis au moment de sa gloire et s’était retrouvé seul face à ses défis.