À l’occasion de la Korité, la communauté layène de Yoff ouvre les portes de l’exposition « Au nom de la lumière », un projet photographique qui juxtapose des images réalisées en 1954 avec des clichés d’aujourd’hui. Une exploration de la mémoire, de la foi et de la transmission qui traverse les époques.
Installée dans un endroit chargé de symbolique (le préau de Yoff), l’exposition offre une plongée visuelle entre deux périodes distinctes. D’une part, les clichés de Roger Da Silva pris en 1954, révélant des moments de prière, des visages empreints et une collectivité profondément attachée à sa spiritualité. D’autre part, l’œil du jeune Libasse Laye Ndiaye, qui revisite ces lieux plus de sept décennies plus tard.
« Il s’agit d’un instant de mémoire et de réflexion, un dialogue entre le passé et le présent », souligne Dr Mame Libasse Laye, initiateur de l’initiative. Par ce travail, il ne cherche pas à dresser en oppositions le passé et l’époque actuelle, mais à mettre en évidence une continuité, particulièrement en matière de foi et d’identité au sein de la communauté layène.
Les photographies d’époque, dont certaines représentent Seydina Mandione Laye, témoignent d’une période où la photographie servait déjà à documenter le spirituel autant que le quotidien. De l’autre côté, les images contemporaines font apparaître des mutations visibles dans les corps, les textures et les choix de cadrage, tout en faisant émerger une permanence : celle de la lumière, de la foi et du lien communautaire.
L’exposition s’inscrit aussi dans une démarche de valorisation du patrimoine photographique. Elle parcourt près d’un siècle d’images, mettant en lumière les évolutions de Yoff tout en soulignant ce qui demeure immuable.
Présente au moment du vernissage, l’ambassadrice de France a salué l’importance du partenariat avec l’Institut français pour mettre en lumière ce projet.
Au-delà de son volet artistique, « Au nom de la lumière » appelle à une réflexion plus vaste sur la place de la photographie aujourd’hui. Face à la vitesse avec laquelle circulent les images, l’exposition propose au contraire une pause, une invitation à observer autrement le monde.