Gérer la cuisine, le mari, la carrière professionnelle ou encore les enfants constituent les multiples responsabilités que portent les « superwomens », ces femmes qui tiennent tout d’un même élan. Toutefois, même la plus vaillante héroïne peut fléchir, d’où la naissance de la retraite « wowmom », conçue pour offrir des instants de repos et de déconnexion afin de recharger les batteries.
La Cité Keur Gorgui sert de prélude à la sixième édition de la retraite « wowmom ». Trois voitures attendent les participantes. À 11h, les quatre premières arrivent, les bagages en main. Votre véhicule est prêt à partir ! Pendant trois jours, ces huit femmes issues de parcours variés vont s’accorder des périodes de déconnexion lors de ce week-end particulier dédié à la fête des mères, dans une adresse située à quelques minutes de la Somone. Le cadre évoque tout droit une page d’album de safari. La maison de location se révèle comme un petit paradis niché en pleine brousse et offre un panorama saisissant. Il faut environ deux heures de route pour atteindre ce lieu, dont le dépaysement est la promesse principale.
Le site dévoile une végétation singulière où dominent des baobabs centenaires. Mais ce lieu tire aussi sa spécificité de la faune qui se promène à chaque pas conduisant au bâtiment principal. De l’autruche à l’élan du Cap, en passant par le zèbre et l’émeu, on est en droit de parler d’un zoo en « vision 3D », les animaux évoluant librement dans un cadre où la faune et la flore ne forment qu’un seul décor. Les participantes, émerveillées, savourent ce moment loin de toute agitation, trouvant dans cet endroit retiré un écrin de nature préservée.
« L’endroit est fantastique et apaisant sans compter les animaux juste à quelques mètres. C’est juste magnifique », confie Leïla Senghor, déjà séduite par ce cadre enchanteur. Cette retraitée est une femme au foyer qui n’en est pas moins mère : elle élève deux enfants et s’occupe au quotidien de la maison, de son mari et des petites nécessités qui rythment la vie familiale. Au fil du temps, elle s’est habituée à cette routine, au point de en oublier sa propre personne. « Gérer le quotidien n’est pas chose facile, mais on parvient à s’en sortir grâce à l’organisation. J’ai pris mon rythme avec le temps », avoue-t-elle.
Cependant, son quotidien s’ouvre différemment lorsque survient le week-end de la fête des mères. Cette dynamique famille reçoit le plus beau des cadeaux : son mari décide de l’inscrire à la première retraite de bien-être spécifiquement pensée pour les mamans du Sénégal.
A bas la charge mentale !
Les retraites « wowmom » constituent des moments dédiés aux mères qui souhaitent s’éloigner du tumulte quotidien afin de se reposer, de se ressourcer et de prendre soin d’elles-mêmes. Pendant un week-end, ce recul intentionnel par rapport à la vie quotidienne, au mari et aux enfants a pour but de soulager la charge mentale et d’offrir le bien-être nécessaire et mérité à chaque femme.
Il s’agit d’une initiative née d’une mère qui a ressenti le besoin de s’accorder une pause. Eléonore Senghor Happi, 32 ans, maman de deux enfants, est la créatrice de ce concept. « Lorsque je suis devenue mère, j’ai pris conscience des difficultés liées à la prise en charge d’un être sur lequel on porte une responsabilité constante, et de la charge mentale que cela implique, sans parler du quotidien à gérer. J’ai été confrontée à ces réalités et j’ai compris que ce n’était pas simple », confie-t-elle sans détour.
Avec des amies, elle décide d’organiser un week-end cocooning. « J’ai commencé à tout prendre en main et l’idée a fait tilt : aider les mamans qui vivent les mêmes enjeux que moi », raconte-t-elle, responsable marketing et communication. C’est ainsi que naît la première édition, du 12 au 14 mai 2023.
Pour Eléonore Senghor Happi, chaque maman mérite une pause, une parenthèse de bien-être qui permet de prendre soin d’elle et de libérer cette charge mentale. Selon elle, pour prendre soin des autres, il faut d’abord savoir prendre soin de soi.
La retraite « wowmom » propose ainsi des activités axées sur le bien-être mental et physique. « Je voulais, à travers cette retraite, dissocier la mère de la femme. Ce sont deux rôles complètement distincts. Il est crucial, à travers ces activités, de se réapproprier son corps via des exercices physiques et d’aborder l’aspect mental à travers des échanges », souligne-t-elle.
La première séance de ces trois jours est naturellement animée par Danielle Pliya, naturopathe. Les échanges tournaient autour de l’importance de la connaissance de soi, de la nutrition, et des notions de leadership dans les sphères spirituelle, familiale, professionnelle, du couple et de la société.
« Il y a le temps de travailler pour les autres et le temps de travailler pour soi », rappelle Danielle Pliya devant des mères attentives. « Il est crucial pour une femme de s’accorder du temps, de mettre de côté les soucis domestiques et de faire connaissance avec des femmes qui partagent les mêmes expériences », reconnaît Awa Diop, participante à la retraite.
Cette mère de trois enfants soutient que ces moments permettent de se délester du quotidien et d’évacuer les tensions. « Parfois, nous avons envie de nous évader de la routine, de tester de nouvelles choses, de faire une pause dans notre quotidien », confie-t-elle, satisfaite.
Déconnexion, détente et discussion
Le programme se poursuit avec une séance de pilates destinée à reconnecter les participantes à leur corps, lors de la deuxième journée. Cette activité est proposée par Aida Diop de Fitstop, l’une des anciennes participantes de la retraite. « J’ai pensé qu’associer sport et bien-être était une excellente offre pour les femmes », explique la représentante d’un centre sportif.
« Cette retraite est une pause idéale pour penser à soi et être un peu égoïste. La charge mentale est particulièrement lourde au Sénégal, autant sur le plan social que professionnel et personnel », souligne Jessica Gomez, qui apprécie grandement la séance de Pilates.
Pour cette trentenaire, la retraite est une opportunité de se relaxer et de s’évader d’un quotidien parfois étouffant. « Il est important de rappeler que les femmes ont besoin de prendre soin d’elles et de se ressourcer pour mieux recharger leurs batteries », plaide-t-elle.
« C’est un week-end de déconnexion, de bien-être avec des activités de détente », précise Eléonore Senghor Happi. En tant que conceptrice de la retraite « Wowmom », elle propose des pratiques telles que le massage, le yoga, la méditation ou encore la danse, avec des tarifs moyens autour de 400.000 FCfa incluant le transport, l’hébergement, les repas et les activités.
À ce jour, Eléonore Senghor Happi en est déjà à sa sixième édition et envisage également une version « wow dad » destinée aux papas. « Les hommes font aussi face à une charge mentale : il leur incombe de soutenir le foyer, de répondre aux besoins de la famille et de subvenir aux nécessités. Nous avons reçu des demandes sur ce volet et travaillons à concevoir un programme adapté », affirme-t-elle avec détermination.
Arame NDIAYE