Wathi fête ses dix ans : think tank d’Afrique de l’Ouest et son engagement face aux crises régionales

28 septembre 2025

Le think tank citoyen d’Afrique de l’Ouest, Wathi, a célébré hier son dixième anniversaire à travers un colloque régional consacré à « L’évolution des think tanks en Afrique de l’Ouest face aux mutations démocratiques et sécuritaires ». Cet événement a été l’occasion pour des spécialistes et des acteurs de la société civile d’examiner les défis contemporains auxquels le continent et le reste du monde sont confrontés.

Le think tank citoyen Wathi a célébré, hier à Dakar, ses 10 ans d’existence par un colloque régional portant sur «L’évolution des think tanks en Afrique de l’Ouest face aux mutations démocratiques et sécuritaires». Créé en 2015, Wathi a pour mission de nourrir le débat public en Afrique de l’Ouest à travers la production et la diffusion de connaissances accessibles, l’élaboration de propositions concrètes et la promotion d’une citoyenneté active. «Wathi est au cœur de la mission que nous nous sommes donnée, celle de mettre à la disposition de notre partie de l’Afrique et du monde, une plateforme ouverte à l’expression d’une diversité de voix, de perspectives, une plateforme qui donne la parole à des femmes et des hommes, de parcours de formation, d’activités professionnelles diverses, des hommes et des femmes qui illustrent la diversité interne de chacun des pays de l’Afrique de l’Ouest. Dix ans après, nous sommes là, nous avons survécu et nous avons un peu grandi», a déclaré Gilles Yabi. Le Directeur exécutif de Wathi a en outre alerté sur la fragilité de la région. «Notre région n’est pas dans un bel état, et les perspectives à court terme ne sont pas éclatantes. En 2015, les signaux sécuritaires et politiques étaient déjà préoccupants. Le Mali avait basculé, en 2012, dans une rébellion armée dans le Nord du pays et dans une situation politique instable déclenchée par un coup d’Etat militaire. Le périmètre de l’insécurité et de la peur s’étend désormais à plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest, y compris les pays voisins du Sahel central», a-t-il constaté.

Pour Gilles Yabi, Wathi est par essence un vecteur de l’intégration régionale et de l’intégration africaine qui se construit autant par le bas que par le haut et par le milieu, aux yeux de Gilles Yabi, le responsable du think tank citoyen de l’Afrique de l’Ouest. A l’en croire, les débats pour comparer la Cedeao et l’Alliance des Etats du Sahel (Aes), pour savoir qui va gagner et qui va perdre, sont d’une grande légèreté et en fait d’une grande futilité. «Ce qui est en train de se jouer, c’est l’avenir de chacun des pays de toute la région ouest-africaine. Et derrière les pays, ce sont les populations ; c’est le contexte dans lequel vivront nos enfants. Ce n’est pas qui va gagner et qui va perdre. La région n’est pas en bon état, le continent africain non plus, le monde non plus», fait-il savoir. Et de poursuivre : «Pour ceux qui doutaient encore du caractère effrayant des tendances actuelles sur les plans politique et géopolitique, je crois que l’écoute de quelques-uns des discours à l’Assemblée générale des Nations unies suffit à mettre fin aux doutes.» Selon Gilles Yabi, le rôle de Wathi est de contribuer à l’intégration régionale et à la préservation des espaces de liberté.