L’AJSPD appelle les autorités à prendre les mesures nécessaires pour prévenir les discriminations envers les personnes vivant avec le VIH. À Sédhiou, pour présenter des condoléances à la famille du défunt Moussa Dramé, Eugène Kaly et sa délégation soutiennent toutefois que l’État doit intervenir avec fermeté si une volonté de propager le VIH est démontrée.
Sédhiou : L’Association des journalistes santé population développement (AJSPD) s’indigne face aux accusations visant des individus supposément porteurs du VIH. L’AJSPD évoque la polémique qui fait la chronique autour des personnes homosexuelles et ce récit de « contamination volontaire du VIH ».
« Nous condamnons toute forme d’homosexualité », a précisé d’emblée Abdoulaye Iba Faye, conseiller du président de l’association. « Nous appelons à la prudence. Rien n’est encore tranché. Car, la transmission du sida doit être confirmée par un médecin spécialiste », a-t-il ajouté.
« L’homosexualité est rejetée par la société sénégalaise. Personne ne doit la promouvoir, mais en matière de sida il faut éviter la stigmatisation », a répliqué Eugène Kaly, président de l’AJSPD. D’après lui, le Sida est une maladie chronique comme le diabète. Une personne vivant avec le VIH et qui suit le traitement normalement peut vivre 20 ans, voire 30 ans, a-t-il expliqué.
Avec l’évolution de la recherche sur le Sida, les personnes qui suivent efficacement leur traitement après six mois ne peuvent plus transmettre le virus. « Aujourd’hui, il existe l’autotest avec la PrEP, prophylaxie préexposition, un traitement qui empêche le virus du VIH de se développer et de se fixer dès son entrée dans le corps, ce qui permet à la personne de rester séronégative », a expliqué Abdoulaye Iba Faye.
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Pour sa part, Eugène Kaly, président de l’AJSPD, a appelé les autorités à sévir rapidement contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH. Il a en outre insisté pour l’application de la loi contre les contaminations volontaires. « Ces actes doivent être punis au maximum pour que cela ne se reproduise plus au Sénégal », a-t-il déclaré.
« Moussa Dramé devait également participer à la remise du prix spécial sur la malnutrition. Malheureusement, la veille de cette cérémonie de consécration des lauréats, le vendredi 21, il a eu un malaise. C’est en pleine cérémonie, le samedi 22, qu’on nous a dit que Moussa est parti. C’est alors naturel que nous venions à Sédhiou pour nous présenter », a réagi.
Il a loué les qualités du défunt en tant que journaliste. « Moussa était un point focal de l’association. Il jouait une part prépondérante dans l’organisation des activités », a-t-il reconnu.