Vers une paix durable inspirée par les enseignements sacrés de Mgr André Guèye

10 juillet 2025

C’est avec une profonde émotion et une grande joie que j’ai découvert la première Lettre pastorale de Mgr André Guèye, Archevêque métropolitain de Dakar. Intitulée « La paix soit avec vous », cette lettre témoigne de l’engagement sincère de son auteur envers la paix, considérée comme la vertu fondamentale dans toute société civilisée. En effet, dans un monde régi par le respect du Droit immuable et la Transcendance divine, la paix demeure la pierre angulaire de toute coexistence harmonieuse. Mgr Guèye formule le souhait que la paix remplisse nos cœurs, nos vies, nos familles, nos relations ainsi que nos communautés, dans un contexte où les bouleversements qui secouent notre pays préoccupent tous ceux qui aspirent à la paix civile. Ces troubles ne sont pas confinés à nos frontières mais s’étendent à d’autres régions du monde, telles que Gaza, le Congo, le Soudan ou encore l’Ukraine, fragilisant la Maison commune que nous partageons tous. Trop de veuves et d’orphelins versent encore des larmes sur leurs poitrines décharnées, victimes des bombes et des fusils qui remplacent la musique d’amour et de fraternité par le bruit de la violence et de la mort.

Mgr Guèye nous informe qu’il a rédigé sa Lettre à Rome, où il était en compagnie du Saint-Père, le Pape Léon XIV, déterminé à avancer sur le chemin de la vision synodale de l’Église. Il y a reçu le précieux Pallium, symbole du lien qui unit tous les ministres de l’Église à l’Église universelle. Ce pallium représente aussi le bâton pastoral, confié à celui qui veille sur les âmes dans sa province ecclésiastique et parmi son peuple. Dans le contexte du Sénégal, terre riche en fertilité et en brassages culturels sublimes, l’expression « ses siens » retient particulièrement l’attention de Mgr Guèye. Elle désigne aussi bien les Musulmans que les Chrétiens, unis dans une ferveur commune et dans un esprit fraternel, dans la cause du Très-Haut.

Depuis la Cité éternelle de Rome, l’Archevêque de Dakar nous exhorte à sanctifier la paix, à en faire le message sacré que nous relayerons avec fidélité, et à être des témoins vivants de la Parole des Écritures Saintes. Il nous encourage à proclamer cette Parole, souffle du Créateur Unique, qui ne divise pas, ne déshonore pas et surtout apaise plutôt qu’elle n’accuse. Le Livre Saint des Musulmans, en évoquant des principes similaires, incite également à l’unité : «Et cramponnez-vous tous ensemble au «Habl» (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés; et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs. Puis, par Son bienfait, vous êtes devenus frères» (89 :103).

L’un des aspects essentiels mis en avant par Mgr Guèye est l’insistance sur la justice et la paix, deux vertus indissociables. Sans elles, tout projet de progrès, de bonheur et de félicité demeure illusoire. La célèbre citation de Jaurès rappelle que « la paix est l’œuvre de la justice ». Il est impossible d’édifier un Sénégal de paix et de prospérité si la justice, cette valeur si précieuse qui garantit l’équité au sein de la société, est bafouée. La loi du plus fort ne doit pas prévaloir, car son application aléatoire et irréfléchie mènera inévitablement au délabrement de l’État et à l’épuisement des peuples, notamment ceux qui se trouvent dans l’oubli et l’oppression. La pauvreté et la souffrance, qui frappent sans relâche les plus faibles, restent les victimes éternelles des puissants et des bourreaux sourds à la voix du peuple.

Face aux tourments du monde, la tentation du désespoir est grande. Partout, le crépitement des balles et les cris des opprimés résonnent sans qu’aucune voix forte, ni en matière de pensée ni dans le cadre du Droit international, ne vienne réellement offrir un rempart contre la violence de l’absolutisme et l’horreur de l’injustice. Dans cette obscurité profonde, la lettre de Mgr Guèye apparaît comme une lueur, une brèche d’espoir. Elle nous invite à rester fermes, à faire preuve de résilience et à maintenir notre espérance même dans les moments les plus difficiles. Mgr Guèye nous rassure en déclarant : « Restons fermes dans l’espérance (cf. He 6,19) qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5). »

La voix de cet homme de foi, de paix et de sagesse ne peut mener à l’impasse. Au contraire, je m’approprie son appel et m’efforce de suivre son exemple, même si l’inquiétude et la tragédie pèsent sur mon cœur, je reste attaché à cette corde fragile mais essentielle qu’est l’espérance.

Ps : En lisant plusieurs fois la Lettre pastorale, j’ai été profondément marqué par l’hommage récurrent adressé par l’Archevêque émérite, Monseigneur Benjamin Ndiaye. En honorant ainsi son prédécesseur dans la mission ecclésiastique, Mgr Guèye témoigne de son respect et de sa reconnaissance. Cela nous honore en tant que Sénégalais, car cela signifie aussi que nous honorons un homme d’État remarquable, qui rappelait toujours : « Les fils de l’histoire ne se coupent jamais. » La transmission, le souvenir et le respect de nos grands hommes restent le socle de notre identité nationale.

En conclusion, nous renouvelons nos vœux pour une mission empreinte de paix et d’efficacité, dédiée au service de l’humanité, sous le signe de la sagesse et de la foi, au sein de cette Église dont Mgr André Guèye incarne aujourd’hui la voix portée par l’espérance.