Le cessez-le-feu semble se maintenir ce mercredi matin dans le pays et dans le Golfe, après que Donald Trump a annoncé la prolongation de la trêve, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.
Quinze jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, Téhéran avait averti que la période de pause des combats expirait à minuit GMT lors de la nuit de mardi à mercredi. Le président américain s’est exprimé mercredi soir, heure locale de Washington.
Cependant, Trump a finalement déclaré qu’il prolongeait l’arrêt des hostilités à la demande des médiateurs pakistanais, jusqu’à ce que l’Iran fasse une proposition visant à mettre un terme au conflit. Dans un message publié sur Truth Social, il a évoqué des dissensions au sein des hautes sphères du pouvoir iranien.
Ce même lundi, l’homme d’affaires républicain avait encore jugé « hautement improbable » une prolongation de la trêve.
Aux alentours de 04H00 GMT mercredi, aucun incident notable n’avait été signalé dans la région.
Le blocus des ports iraniens va donc se prolonger, a insisté Donald Trump.
Le dirigeant américain a affirmé que les dirigeants iraniens souhaitaient une réouverture du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le trafic mondial de pétrole qui est actuellement bloquée, selon lui, par Téhéran et Washington. Toutefois, si les États‑Unis lèvent leur dispositif, « il ne pourra jamais y avoir d’accord avec l’Iran, sauf si nous déstabilisons tout le reste de leur pays, leurs dirigeants comprenant ce qu’ils doivent faire », a-t-il lancé.
Pour préparer sa réouverture, le Royaume‑Uni a décidé d’accueillir mercredi et jeudi des militaires venus d’une trentaine de pays. L’objectif est de relancer une mission de protection de la navigation dans le détroit, une fois la paix établie, sous l’égide de Londres et de Paris.
« Adieu » au pétrole
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est félicité de l’annonce de Trump sur le cessez-le-feu, évoquant une « avancée importante vers la désescalade », selon le porte‑parole de l’institution.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendront « à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de discussions prévu à Islamabad ».
Le vice‑président américain, qui devait repartir vers le Pakistan pour poursuivre les négociations, est finalement resté aux États‑Unis mardi, a confirmé la Maison Blanche.
L’Iran s’est pour l’instant refusé à envoyer une délégation à Islamabad pour ces pourparlers, réclamant la levée du blocus américain sur ses ports.
Avant l’annonce de Trump, Téhéran avait menacé de reprendre ses frappes en direction des pays du Golfe, ce qui pourrait mettre en péril l’approvisionnement pétrolier mondial.
« Si leur territoire et leurs installations servent les ennemis pour attaquer la nation iranienne, ils peuvent dire adieu à la production pétrolière au Moyen‑Orient », avaient averti les Gardiens de la Révolution.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le blocus américain des ports du pays constituait « un acte de guerre et donc une violation du cessez-le-feu ».
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a estimé mardi soir sur X que « d’ici quelques jours, les dépôts sur l’île de Kharg (point névralgique de l’industrie pétrolière iranienne, ndlr) seraient saturés et les puits de pétrole iraniens fragiles seraient fermés ».
« Restreindre le commerce maritime de l’Iran cible directement les principales sources de revenus du régime », s’est-il réjoui.
Les cours du pétrole ont évolué sans tendance claire mercredi en Asie, à la suite de l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu.
Ils avaient flambé depuis le déclenchement du conflit par Israël et les États‑Unis le 28 février, qui menace habituellement le passage par le détroit d’Ormuz, par où transite habituellement environ un cinquième des livraisons mondiales.
Des menaces pesant sur des Iraniennes ?
Avant d’annoncer l’extension de la trêve, Trump avait demandé à Téhéran de « libérer » plusieurs femmes qui seraient menacées d’exécution. Ce serait « un très bon début pour les négociations », avait-il jugé.
L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces menaces d’exécution, ni l’identité des femmes dont le président américain a reproduit les photos. L’Iran a démenti toute menace à l’égard de ces personnes.
À Téhéran, où les principaux aéroports ont rouvert lundi après plusieurs semaines, la vie a retrouvé un semblant de normalité.
Mobina Rasoulian, une étudiante de 19 ans, profite du répit apporté par la trêve. « Je suis sortie sans stress… j’ai fréquenté des cafés et des restaurants, ici et là », a raconté la jeune femme rencontrée par l’AFP dans une rue de la capitale.
En revanche, Saghar, 39 ans et contactée depuis Paris, affirme « qu’il n’y a pas de lumière au bout du tunnel ». « La situation économique est catastrophique et les arrestations arbitraires se multiplient ».
Sur l’autre volet du conflit, de nouvelles discussions directes entre Israël et le Liban sont prévues jeudi à Washington, selon le département d’État américain. Comme les premières rencontres du 14 avril, elles se tiendront au niveau des ambassadeurs.
Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah pro‑iranien est entré en vigueur vendredi, malgré des accusations mutuelles de violations.
D’après l’agence libanaise officielle ANI, l’armée israélienne a démoli mercredi au matin plusieurs maisons à Al‑Bayada, dans le sud du Liban, un coup entendu jusqu’à Tyr.
Selon le bilan officiel publié mardi, 2 454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de conflit.
AFP