Face à une pénurie d’eau qui dure depuis plusieurs années, les habitants de Touba Darou Marnane ont brisé le silence et, devant les journalistes le lundi 10 août 2026, ont préoccupé les autorités administratives et religieuses sur une situation qu’ils estiment se prolonger depuis plus de trois ans.
Hommes, femmes, adolescents et adultes ont pris d’assaut les rues de la localité, munis de bouteilles et de bassines, afin d’exiger l’accès à l’eau. Selon les manifestants, la pénurie est devenue une difficulté quotidienne, poussant les résidents à parcourir plusieurs quartiers à la recherche du précieux liquide.
« Nous ne pouvons que sortir dans la rue pour attirer l’attention sur les difficultés que nous rencontrons », a expliqué Médoune Sèye. D’après lui, le problème d’approvisionnement en eau demeure entier depuis plus de trois années. Une situation qui, selon lui, n’a pas reçu à ce jour l’attention escomptée des autorités. « Cela a véritablement duré, alors même que nos autorités semblaient ne pas être au courant. Nous demandons de l’aide », a-t-il ajouté.
Médoune Sèye dénonce tout particulièrement les difficultés auxquelles se heurtent les femmes. Selon lui, elles doivent faire le tour des quartiers voisins pour dénicher quelques bouteilles d’eau indispensables aux besoins de leurs foyers. Cette corvée est devenue, affirme-t-il, une préoccupation quotidienne pour de nombreux ménages.
La situation aurait connu une aggravation lors du Grand Magal de Touba. Avec l’affluence exceptionnelle enregistrée durant cet événement religieux, les besoins en eau ont fortement augmenté. Médoune Sèye assure que les habitants étaient alors contraints de faire appel aux camions-citernes, avec des dépenses pouvant atteindre 50 000 francs CFA pour un seul camion.
Des propos corroborés par Awa Athie. La jeune femme souligne que cette pénurie a également eu des répercussions sur l’accueil des pèlerins venus séjourner dans la localité. « Certains de nos hôtes préfèrent chercher un autre endroit pour se loger en raison du problème d’eau », déplore-t-elle.
Awa Athie avance par ailleurs une explication à cette situation. Elle estime que les travaux d’assainissement réalisés dans le quartier il y a quelques années auraient endommagé le réseau hydraulique destiné à l’approvisionnement de la zone. Elle demande ainsi aux autorités de s’attarder sérieusement sur cette question afin de trouver une solution durable à un problème qui, selon elle, perdure depuis trop longtemps.
Non loin d’elle, Astou Diagne insiste sur le poids de cette pénurie dans le quotidien des habitants. « Toutes nos préoccupations tournent autour de la recherche de l’eau », dénonce-t-elle. Pour elle, trouver de l’eau est devenu un véritable parcours du combattant, au détriment des autres activités des populations.
Face à cette situation, les habitants de Touba Darou Marnane lancent un appel aux autorités administratives, mais aussi aux autorités religieuses, en demandant une intervention rapide afin de mettre fin à cette pénurie qui affecte leur quotidien depuis plusieurs années.
« Nous ne voulons que de l’eau. Nous sollicitons l’aide du khalife général des mourides », conclut une habitante locale.