Au départ, ces individus exerçaient comme livreurs; ensuite, ils se sont tournés vers le transport de passagers. L’essor des motos appelées « Tiak Tiak » ou « Jakarta » ne cesse de croître, au point que la circulation dans les grandes villes ressemble de plus en plus à un calvaire quotidien. Pour les automobilistes, il devient presque impossible de rouler sans se disputer avec ces chauffeurs pressés qui slaloment avec une insolente vélocité sur leurs deux-roues.
Ces activités précaires, supposées n’être qu’un passage pour des jeunes de vingt à trente ans, se sont muées en véritables métiers pour des hommes à la vigueur encore intacte mais dépourvus de qualifications professionnelles. Certains basculent fréquemment dans le vol à la tire ou dans des actes d’agression, l’occasion faisant le larron. Le sentiment d’insécurité s’amplifie dans les rues de Dakar et de sa banlieue, et Thiès n’échappe pas non plus au phénomène, la ville étant elle aussi touchée par ce développement des motos « Jakarta ». Comme pour les marchands ambulants autrefois, le phénomène des « Tiak Tiak » risquerait de dépasser des proportions difficiles à maîtriser pour les autorités publiques.
Pour autant, face à l’ampleur du phénomène, les autorités et les acteurs locaux sont amenés à envisager des réponses plus ciblées: formation adaptée, encadrement des services de transport urbain, et programmes d’insertion pour les jeunes afin de désamorcer la précarité qui pousse certains vers des actes répréhensibles.