Le paysage théâtral du Sénégal a brillé sur le sol marocain lors de la 12e édition du Festival international des écoles supérieures en art dramatique (FIESAD), tenu à Rabat du 30 octobre au 2 novembre 2026. Cette année-là, le Sénégal s’est vu décerner deux prix: celui de la meilleure interprétation masculine et le prix du jury, attribués à la pièce « La Graine de la discorde ».
Cette manifestation internationale, placée sous le signe de la jeune création théâtrale, a réuni des établissements artistiques de sept pays: le Sénégal, Cuba, l’Italie, le Mexique, le Maroc, la Pologne et les Pays-Bas. Près d’une dizaine de représentations ont été proposées au public durant les quatre jours du festival.
Présentée par la délégation sénégalaise, « La Graine de la discorde » met en scène une histoire de voisinage qui, née d’un différend dérisoire, prend rapidement les allures d’une tragédie collective.
L’intrigue se déroule dans un village où deux habitants, Demba et Mamadou, voient leur entente se dégrader à cause d’une poule rousse appartenant à Mamadou. L’animal s’introduit dans le champ de Demba et picore quelques graines d’arachide. Furieux, Demba décide d’en finir avec la poule de son voisin.
Blessé par cet acte, Mamadou répond par la vengeance et met le feu aux champs de Demba, déclenchant un incendie qui finit par embraser le village. D’une querelle de voisinage naît alors un affrontement qui prend progressivement les dimensions d’une guerre mondiale.
À travers cette histoire, la pièce porte une réflexion sur les mécanismes de l’escalade de la violence, l’orgueil et les conséquences parfois démesurées de la vengeance. Elle rappelle notamment qu’un conflit, même né d’un incident insignifiant, peut entraîner des conséquences désastreuses lorsqu’il échappe à toute volonté de dialogue et de réconciliation.
La morale de l’œuvre tient en une formule : « Il n’y a pas de querelles, il n’y a que des petits esprits qui ignorent où mène la vengeance. » Avec ces deux distinctions remportées à Rabat, la délégation sénégalaise confirme le potentiel de la jeune création théâtrale nationale et sa capacité à porter, sur les scènes internationales, des récits aux résonances universelles.