Le jeudi 8 octobre prochain, les écoliers regagneront les bancs après deux à trois mois de vacances scolaires. Selon le ministre de l’Éducation nationale, « le système éducatif accueille, aujourd’hui, plus de 4 millions d’apprenants, du préscolaire au secondaire » (Cf. Le Soleil du 26 et 27 septembre 2026, p.7). Il convient de s’en réjouir. Pour autant, malgré les efforts considérables des autorités, les défis pour bâtir un système éducatif efficace, inclusif et efficient restent nombreux.
Outre le déficit d’enseignants (76 postes non pourvus dans l’IEF de Mbacké, 266 dans la région de Louga et 500 dans celle de Sédhiou, selon Le Soleil du 1er octobre), s’ajoute une carence en mobilier, notamment des tables-bancs. Cependant, le problème le plus pressant demeure l’environnement scolaire, qui porte des carences structurelles significatives, particulièrement en milieu rural.
En effet, malgré les efforts déployés par les autorités, le système éducatif se caractérise par un manque d’infrastructures essentielles : salles de classe, cantines scolaires, blocs scientifiques, ainsi que des difficultés récurrentes d’accès à l’eau, à l’assainissement et à la sécurisation (électricité et clôture).
Si, dans les zones urbaines, l’environnement des établissements est fortement entaché par l’excès de « cantinisation » et la vente de produits prohibés tels que l’alcool ou la drogue, dans les zones rurales, ce sont surtout l’importance du nombre d’abris provisoires, l’insuffisance d’assainissement (toilettes) et les préoccupations liées à la sécurisation (murs de clôture, alimentation électrique) qui constituent les défis majeurs.
Conséquence : les écoles deviennent alors des lieux propices à la divagation des animaux, au dépôt d’ordures et même à des actes d’agressions…
Un abri provisoire se définit comme une structure mise en place pour pallier temporairement l’absence d’infrastructure. Il revêt des formes variées : ramassis de paille, branchages, planches, lattes de bambou ou crin, constructions en banco ou même bâtiment en dur emprunté.
Ces dernières décennies, la question a constamment préoccupé les acteurs et partenaires de l’éducation. Leur impact négatif sur la qualité des apprentissages est indéniable, car il influe sur les conditions de travail des enseignants et des élèves.
Les jeunes et les enseignant·e·s se trouvent exposés aux intempéries, à la fugue d’animaux, à l’intrusion de reptiles, à des difficultés de stockage du matériel pédagogique et à une réduction marquée du temps d’enseignement due à des pluies précoces dans certaines régions (dès le mois de mai), sans parler de poussière et de vents violents, entre autres.
En réalité, en milieu rural, ces abris provisoires ne tiennent que six à sept mois sur les neuf mois de l’année scolaire. Autant dire que ce type de structure ne garantit en rien la qualité de l’environnement d’apprentissage.
Certes, la volonté d’améliorer les conditions de l’environnement scolaire existe bel et bien. Des programmes spécifiques lancés par les différents régimes, passés et présents, ont permis de réduire le nombre d’abris provisoires. On observe aussi des progrès concernant les établissements dépourvus d’électricité, de latrines et de cantines scolaires.
« En 2025, il y avait 6.963 abris provisoires contre 7.145, le nombre d’écoles sans électricité est passé de 7.033 à 6.070 et une baisse de 14% des écoles ou établissements sans latrines a été constatée. Nous avons aussi enregistré des avancées dans le domaine de l’alimentation scolaire. On est passé de 14.330 à 10.775 écoles », avait déclaré Médoune Thiam, conseiller du ministre de l’Éducation nationale, lors de la présentation du document synthétisant les évaluations et recommandations du Conseil interministériel. (Cf. Le Soleil Digital du dimanche 5 octobre 2025). Toutefois, le chemin reste long.
L’autre défi majeur demeure la pacification de l’espace scolaire, que les syndicats relèvent notamment à travers la question du règlement du système de rémunération, du statut des décideurs et des indemnités, entre autres éléments.
Une préoccupation centrale, axée sur la préservation de la stabilité, a été mise en avant par le Premier ministre lors du Conseil interministériel, qui a souligné l’importance du dialogue et de la concertation. Car, l’année précédente, les perturbations ont pesé sur le bon déroulement de l’année scolaire.