Sonko face au défi de l’énergie dans le cadre du plan de redressement économique

4 août 2025

Le Plan de redressement : une nécessité pour relancer l’économie sénégalaise

Le Plan de redressement a pour objectif principal de remettre en ordre l’économie du Sénégal en mettant en œuvre une série de réformes structurantes, notamment dans les domaines institutionnel, fiscal, budgétaire et foncier. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un levier destiné à corriger les déséquilibres et à stimuler la croissance économique du pays. Ces reformes doivent permettre de restaurer la stabilité financière tout en soutenant le développement durable à long terme.

C’est dans ce contexte que le rôle du Premier ministre sera particulièrement crucial. En effet, celui-ci sera attendu de pied ferme pour mener à bien ces réformes qui s’avèrent indispensables face à la conjoncture économique morose que traverse actuellement le Sénégal. La situation économique n’a plus vraiment de secrets pour personne : le pays doit impérativement retrouver un cap pour éviter une aggravation de la crise.

De plus, il est question d’appliquer concrètement les recommandations, voire les conseils, issus du discours de la primature. À cet égard, une déclaration importante souligne que Sonko « doit montrer aux citoyens qu’en situation de faire, il est capable de faire. On l’attend dans l’action ». Cela met en exergue la nécessité pour le gouvernement et, en particulier, pour Ousmane Sonko, d’agir rapidement et efficacement pour répondre aux attentes cruciales de la population.

Une question fondamentale restera sans doute au cœur des préoccupations : qu’adviendra-t-il de la subvention de l’énergie ? La réponse à cette interrogation sera scrutée de près par le Fonds monétaire international (FMI). En effet, le FMI avait déjà formulé des recommandations au gouvernement sénégalais en demandant, non pas nécessairement la suppression totale de cette aide, mais au moins une révision de ses cibles. En 2022, l’État sénégalais a injecté près de 750 milliards de francs CFA dans le secteur de l’énergie pour atténuer le coût de la vie pour la population. En 2023, ce montant a été revu à la hausse, dépassant les 800 milliards de CFA, dont 279,8 milliards consacrés uniquement à l’électricité pour couvrir les tarifs de la Senelec. Parallèlement, 524,7 milliards ont été investis dans les produits pétroliers et gaziers pour limiter l’impact des prix sur les ménages. La subvention de l’énergie a ainsi constitué l’un des leviers majeurs qui ont contribué à creuser le déficit budgétaire du pays, qui s’établit actuellement à 7,5% du PIB.

Il est utile de rappeler qu’Ousmane Sonko lui-même avait affirmé, à ce sujet, que la réduction ou la suppression de la subvention énergétique était une nécessité incontournable. Selon lui, le Sénégal n’a pas besoin que le FMI lui rappelle cette évidence. Par conséquent, la question de réforme de ce système de subvention est pour lui une étape incontournable pour assurer la santé des finances publiques.

Les implications d’une telle suppression seraient considérables. En effet, ces économies réalisées pourraient être réallouées vers des secteurs considérés comme prioritaires, comme la santé, l’éducation ou encore les infrastructures. Cependant, il ne faut pas perdre de vue les conséquences immédiates que cela entraînerait pour la population. La levée des subventions se traduirait inévitablement par une augmentation immédiate du prix de l’électricité et du carburant. Ces hausses pourraient également s’amplifier dans le futur, rendant l’accès à l’énergie moins abordable pour les ménages et les entreprises, ce qui pourrait freiner la consommation, l’investissement et, à terme, la croissance économique.