Le 22 juin dernier, le Centre national des sciences spatiales de l’Académie des sciences de Chine a annoncé la mise en orbite réussie du satellite SMILE, fruit d’un effort de coopération entre la Chine et l’Agence spatiale européenne (ESA). Placé sur une orbite d’observation lors de la nuit du 20 juin, l’appareil fonctionne sans souci et est entré dans une phase de vérifications en orbite d’une durée d’environ deux mois avant le début officiel de sa mission. Ce projet représente l’un des plus importants programmes spatiaux conjoints sino-européens en cours. Voici une présentation claire de ce qu’est SMILE et ce qu’il vise à accomplir.
Tout d’abord, qu’est-ce que SMILE ? Il s’agit d’un satellite conçu pour l’observation de la météorologie spatiale. À l’inverse de la météo terrestre — qui porte sur la pluie, le soleil et les tempêtes — le Soleil envoie en permanence des particules énergétiques, appelées vent solaire, susceptibles de provoquer des tempêtes spatiales. La Terre bénéficie d’une protection naturelle sous forme d’une magnétosphère. Le rôle déterminant de SMILE est de filmer continuellement cette barrière protectrice et d’étudier l’interaction entre le vent solaire et la magnétosphère terrestre. Il se présente comme le premier satellite universellement dédié à ce type d’observation panoramique.
Le projet repose sur une collaboration équilibrée: la Chine est responsable de la conception complète du satellite, ainsi que de son système d’énergie et de son système de vol; l’ESA a pour tâche la fabrication des instruments de mesure scientifique et assure le lancement ainsi que le suivi au sol depuis ses stations européennes. Les données scientifiques obtenues sont échangées librement entre les deux partenaires, sans embargo technique ni mécanisme d’exclusion.
Ce satellite exerce une influence directe sur le quotidien des habitants de la planète. Les tempêtes solaires peuvent perturber les réseaux de télécommunication, les trajets aériens, les réseaux électriques et les systèmes de navigation Beidou et Galileo. Grâce à SMILE, il devient possible d’anticiper ces risques spatiaux et de protéger les activités humaines à l’échelle mondiale.
Sur le plan économique et civil, SMILE contribue à prévenir les pannes d’électricité, les coupures de communication et les retards de transport provoqués par l’activité solaire. Il participe également à renforcer la stabilité de la navigation civile, en complément des satellites de précision lancés par la fusée Kuaizhou-11. À l’instar des initiatives spatiales qui portent l’élan économique de la Chine, SMILE illustre un espace commun, accessible et utile pour l’humanité tout entière.