Le ministre de la Communication et du Dialogue avec les institutions, porte-parole du Gouvernement, Dr Bakary Sarr, appelle à renforcer la régulation des médias, à bâtir des modèles économiques durables et à améliorer les conditions de travail des journalistes. Une triple exigence qu’il considère comme indispensable à l’émergence d’un écosystème médiatique capable de préserver son indépendance et de répondre aux mutations du secteur.
Lors d’une intervention prononcée ce jeudi 8 octobre à Dakar, à l’occasion de l’ouverture officielle de la deuxième édition du Salon international des médias d’Afrique (SIMA), qui se déroule du 8 au 11 octobre sous le thème : « Bâtir un écosystème médiatique souverain et performant ».
Selon Dr Bakary Sarr, la souveraineté médiatique ne saurait être perçue comme le privilège des seuls pays riches en ressources. Elle constitue, d’après lui, « un enjeu de gouvernance, d’indépendance et de responsabilité dans un environnement en profonde mutation ».
Le ministre a notamment mis en évidence la fragilité du modèle économique des médias. « Un journaliste qui n’est pas rémunéré de manière digne devient vulnérable », a-t-il affirmé, appelant les acteurs du secteur à explorer de nouvelles pistes de financement. Il a évoqué la création « de coopératives médiatiques et de partenariats, susceptibles de renforcer la viabilité économique des entreprises de presse ».
Cette réflexion s’inscrit dans un contexte marqué par l’érosion des revenus publicitaires et par la montée en puissance des plateformes numériques, qui bouleversent les modèles traditionnels de financement et de diffusion de l’information. Face à ces mutations, le ministre a aussi rappelé l’élaboration, par le Sénégal, d’un nouveau cadre réglementaire à travers le Code de la presse.
Parmi les questions abordées lors de la cérémonie figure la place des femmes dans les médias. Dr Bakary Sarr a relevé leur « sous-représentation dans les postes de direction au sein des rédactions », estimant que cette situation doit faire l’objet de mesures correctives afin de favoriser une représentation plus équilibrée.
Dakar 2026, un rendez-vous pour l’Afrique
La couverture des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 a également occupé une place importante dans le discours du ministre. Il y voit une opportunité majeure pour le Sénégal et pour l’Afrique tout entière, appelant les médias à accompagner l’événement avec professionnalisme et exigence.
Il a invité les professionnels des médias à « couvrir cet événement avec tout le soin qu’il mérite », afin notamment de démontrer au monde « une Afrique capable d’organiser un événement mondial ».
Pour sa part, le coordonnateur du comité de pilotage du SIMA, Matar Sylla, a insisté sur la nécessité de dépasser le stade du diagnostic. Les discussions portant sur la régulation, le financement des médias, la formation, la protection des journalistes et l’impact des nouvelles technologies devront, selon lui, déboucher sur des « solutions réalistes ».
Placée sous le signe de la réflexion et de la recherche de réponses concrètes, cette deuxième édition du SIMA réunit de nombreux acteurs du secteur autour de panels de haut niveau. L’Algérie et l’Allemagne sont les deux pays invités d’honneur de cette édition, qui se poursuit jusqu’au 11 octobre à Dakar.