Ce mercredi 28 octobre, l’atelier national de formation « Sciences spatiales, médias et société » s’est clos à Toubab Dialaw, après s’être tenu du 26 au 28 octobre. L’événement a réuni des journalistes et des imams autour des enjeux du spatial. Selon Maram Kairé, directeur de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), l’appropriation de ces technologies par les populations est indispensable pour faire du Sénégal une nation spatiale et un levier de développement économique et social.
Rendre les sciences spatiales accessibles et bénéfiques pour le plus grand nombre est l’objectif poursuivi par cet atelier, qui s’est achevé ce mercredi à Toubab Dialaw après trois jours d’échanges et de formation. La rencontre a réuni des professionnels des médias et des imams, afin de renforcer leur compréhension des enjeux du secteur spatial et son utilité pour les citoyens.
Selon Maram Kairé, qui rappelle la volonté du président Bassirou Diomaye Faye de faire du Sénégal une nation spatiale, la réalisation de cette vision suppose une mobilisation qui dépasse les seuls organismes dédiés. « Ce programme ne doit pas rester l’affaire de l’Agence », a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’une appropriation sociétale de cette dynamique.
Dans ce cadre, les médias se voient conférer un rôle stratégique. Avec des informations fiables et des outils adaptés, les journalistes seront en mesure d’expliquer plus clairement les usages des technologies spatiales et d’alimenter un débat public éclairé. L’implication des imams et des responsables religieux répond aussi à la volonté de rapprocher les sciences spatiales des différentes composantes de la société, notamment via l’astronomie et la connaissance des éphémérides.
Un levier pour les secteurs clés de l’économie
Au-delà de la recherche et de l’exploration, les sciences spatiales proposent des usages tangibles dans divers secteurs clés du pays. L’agriculture, l’élevage, la pêche, l’aménagement du territoire, les transports, la santé, l’éducation et la sécurité figurent parmi les domaines qui pourraient profiter des données et des outils fournis par les technologies satellitaires.
Parmi ces usages figurent notamment la prévention des crues, l’aménagement et la gestion des sols, le développement de la télémédecine et le contrôle des espaces maritimes. Les outils spatiaux peuvent aussi aider à contrer la pêche illégale, à protéger les infrastructures pétrolières offshore et à surveiller les défrichements illégaux.
« Il faut surtout démontrer en quoi le spatial influe sur le quotidien des populations », a déclaré Maram Kairé, soulignant que ces technologies peuvent alimenter les politiques publiques et soutenir la démarche du Sénégal envers les Objectifs de développement durable (ODD). À horizon, l’objectif consiste à insérer davantage les applications spatiales dans l’économie nationale afin de stimuler l’innovation, générer des emplois et soutenir la croissance.
Cette orientation est accompagnée de projets structurants, tels que la création d’un observatoire pour la recherche en astronomie et en astrophysique, l’établissement d’un centre d’assemblage de micro et nanosatellites, et une constellation de satellites dédiée à la souveraineté, à la surveillance des espaces maritimes et au contrôle des frontières.
Les accords Artemis, une ouverture sur la coopération internationale
Un autre pilier de cette stratégie réside dans le rayonnement international du Sénégal. En juillet 2025, le pays a adhéré aux accords Artemis, initiative coordonnée par les États-Unis via la NASA, visant à encadrer la coopération dans l’exploration pacifique de la Lune et à préparer une présence humaine durable dans l’espace.
Pour le directeur de l’ASES, cette adhésion devrait permettre au Sénégal de renforcer ses capacités scientifiques et techniques. « Le Sénégal ne veut pas demeurer un simple spectateur, mais devenir un acteur de cette nouvelle ère spatiale à l’échelle internationale », a-t-il affirmé, soulignant les opportunités de formation, de transfert de savoir-faire et d’engagement des ingénieurs et techniciens locaux dans les projets liés à l’exploration lunaire.