En 2025, le Sénégal occupe la première place de l’espace Uemoa en matière d’envois financiers des migrants. Selon le rapport publié ce jeudi 24 septembre par le Fonds international de développement agricole (Fida), le pays totalise 2 522 milliards de FCfa, devançant la Côte d’Ivoire qui enregistre 1 060 milliards.
Selon ce mécanisme, l’État du Sénégal vise à mobiliser près de 45 % de l’épargne de la diaspora conservée dans les pays d’accueil, soit 1 545 milliards de FCfa en 2024. Toutefois, seulement 55 % de cette épargne est transféré vers le Sénégal, ce qui représente 1 982 milliards de FCfa.
Les transferts effectués par les circuits formels constituent 81 % de l’ensemble des flux. Parmi ces envois, environ 75 % (soit 1 487 milliards de FCfa) servent directement à financer la dépense courante, notamment pour couvrir les dépenses quotidiennes et les postes incontournables des ménages.
D’après les projections d’A&A Strategy, l’épargne globale de la diaspora atteindra 7 148 milliards de FCfa en 2034. Cette réserve se décompose, d’une part, des transferts destinés à la subsistance et à la consommation non négociable (2 925 milliards de FCfa) et, d’autre part, des transferts à caractère productif (975 milliards).
À cela s’ajoute l’épargne des migrants qui n’est pas transférée vers le Sénégal, estimée à 3 249 milliards de FCfa. Ainsi, la marge de manœuvre de l’État pour mobiliser, au-delà des 975 milliards de FCfa de 2034, réside dans sa capacité à rapatrier une partie des 1 545 milliards de FCfa d’épargne non transférée que la diaspora conserve dans les pays d’accueil pour assurer sa sécurité financière.
Dans un scénario de référence (sans mécanismes novateurs), la mobilisation de l’épargne productive resterait limitée à 975 milliards de FCfa en 2034. En revanche, en adoptant une stratégie volontariste de mobilisation, financièrement sécurisée et extrêmement flexible, il serait possible de dégager jusqu’à 1 218 milliards de FCfa supplémentaires en transferts productifs pour le Sénégal.