La Semaine nationale de la femme destinée au Pôle sud-est (Kédougou et Tambacounda) a été lancée, hier, jeudi 5 mars, à Kédougou, sous l’égide de l’adjoint au gouverneur. Mouhamadoul Moustapha Gaye a décrit cet événement comme « un moment privilégié de réflexion, d’engagement et d’action en faveur de l’égalité, de la justice et de la dignité ».
KÉDOUGOU – L’adjoint au gouverneur de Kédougou, chargé du Développement, Mouhamadoul Moustapha Gaye, a présidé, hier, jeudi 5 mars, le lancement de la Semaine nationale de la femme pour le Pôle sud-est (Kédougou et Tambacounda). À cette occasion, il a affirmé que «les femmes ne sont plus de simples bénéficiaires, mais de véritables piliers du développement local». Que ce soit à Kédougou ou à Tambacounda, l’autorité a souligné «qu’elles occupent une place centrale dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat, la transformation et le maintien de la cohésion sociale». Malgré cette contribution stratégique, M. Gaye reconnait l’existence de défis structurels, en particulier l’accès au financement et à la protection sociale.
«C’est tout le sens de l’organisation de panels techniques et de concertations régionales : apporter des réponses concrètes aux préoccupations des femmes et favoriser leur pleine implication dans le progrès économique et social», a-t-il précisé. Poursuivant, l’adjoint au gouverneur a exhorté les participantes à maintenir leur engagement pour bâtir un Sénégal où chaque femme peut réaliser son plein potentiel. Représentant le ministre de la Famille et des Solidarités, Aasiya Gaye Diop, directrice générale du Développement communautaire et de la promotion de l’équité, a réitéré le soutien indéfectible du gouvernement. Elle a assuré qu’ «aucune région ne sera laissée en marge de la dynamique de transformation sociale».
Mutilations génitales
Détaillant les investissements prévus, elle a annoncé plusieurs enveloppes budgétaires majeures : 14 milliards de FCfa pour des centres de réinsertion destinés aux enfants vulnérables, 22 milliards de FCfa pour renforcer la résilience des ménages face aux chocs économiques et climatiques et 28 milliards de FCfa dédiés à un programme national d’autonomisation des femmes sur la période 2024-2029.
«L’autonomisation des femmes est un levier stratégique pour le Sénégal», a martelé Mme Diop, tout en insistant sur l’urgence de lutter contre les violences faites aux femmes et les mutilations génitales féminines. Selon elle, les régions de Kédougou et de Tambacounda regorgent d’opportunités minières, agricoles et touristiques. Par conséquent, les femmes doivent devenir les actrices principales au sein des chaînes de valeur locales.
Au nom de la mairie de Kédougou, la troisième adjointe, Bintou Diawara, a rappelé que la lutte contre les violences faites aux femmes demeure une priorité absolue malgré les avancées législatives. Elle a insisté sur le fait que la sécurité physique et morale est la condition sine qua non de l’épanouissement économique des femmes. Plaidant une approche globale, elle a soutenu que «l’action publique ne doit pas se limiter au renforcement des capacités des victimes, mais sensibiliser également les auteurs de violences afin d’éradiquer le mal à la racine». Mme Diawara a réaffirmé l’engagement de la collectivité territoriale de Kédougou en faveur de la défense des droits fondamentaux. De son côté, Maroufou Touré, représentant le président du Conseil départemental, a salué la résilience et le dynamisme des travailleuses, mais aussi déploré la précarité de certains acquis.