Israël a déclaré samedi que les 153 Gazaouis arrivés par avion dans des circonstances ambiguës en Afrique du Sud, où les autorités ont ouvert une enquête, devaient être accueillis par un « pays tiers » sans que ce pays soit précisé.
Ces personnes « ont quitté la bande de Gaza après que le Cogat a reçu l’accord d’un pays tiers pour les accueillir », a déclaré à l’AFP Shimi Zuaretz, porte-parole de cet organisme du ministère de la Défense israélien supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens.
Il n’a pas nommé ce pays, ni donné de détails sur l’organisation de ce voyage.
Les Palestiniens avaient atterri jeudi à Johannesburg et avaient été retenus dans leur avion pendant plus de 12 heures, faute d’un tampon de sortie d’Israël sur leurs passeports, selon la police des frontières sud-africaine.
Les autorités avaient finalement autorisé leur entrée après avoir reçu l’engagement d’une ONG qu’ils seraient pris en charge.
Cette ONG a déclaré ne pas savoir qui avait affrété l’appareil et a révélé qu’un premier avion transportant 176 Palestiniens avait déjà atterri à Johannesburg le 28 octobre dans des circonstances similaires.
Un responsable israélien, qui a souhaité rester anonyme, a affirmé que l’organisation ayant coordonné le départ des Gazaouis avait fourni des visas de pays tiers pour chacun d’eux.
Il semble qu’ils aient été « expulsés », avait déclaré vendredi à la presse le président sud-africain.
« Des habitants originaires de Gaza, de manière mystérieuse, ont été embarqués dans un avion qui est passé par Nairobi et est arrivé ici », avait-on déclaré.
L’Afrique du Sud les a accueillis « par compassion » et va enquêter sur les « dessous » de ce vol, avait-il ajouté.
Selon l’ambassade de Palestine en Afrique du Sud, le voyage des deux groupes a été organisé par une organisation « non-enregistrée » qui a « exploité les conditions humanitaires tragiques de notre peuple à Gaza, dupé des familles, collecté de l’argent auprès d’elles et facilité leur voyage de façon irrégulière et irresponsable ».
Le conflit dévastateur à Gaza, déclenché par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, a eu un fort écho en Afrique du Sud, qui compte la communauté juive la plus importante d’Afrique subsaharienne.
Le gouvernement sud-africain, mené par l’ANC (Congrès national africain), est lui un fervent soutien de la cause palestinienne. Il avait porté plainte en 2023 contre Israël devant la Cour internationale de justice, l’accusant de génocide à Gaza.
La bande de Gaza est assiégée par Israël depuis octobre 2023 et les Palestiniens y habitant ne peuvent la quitter que pour des cas très particuliers.
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