Sarah Assidi de Saaraba Editions : l’importance pour les femmes d’affirmer leur résistance

28 juin 2025

Sur l’île de Ngor, située à Dakar, un groupe de dix femmes issues d’horizons variés a participé à une résidence d’écriture qui s’est consacrée au thème de la résistance. Sous la direction de l’éditrice Sarah Assidi, ces femmes ont travaillé pour affiner leur style et mieux exprimer leurs combats, leurs douleurs ainsi que leurs espoirs. Cette initiative littéraire, menée par l’association « Les Cultur’elles », s’inscrit dans le cadre des préparatifs du Salon du livre féminin de Dakar, prévu prochainement.

L’événement, qui en était à sa quatrième édition, a été organisé par Amina Seck, responsable de « Les Cultur’elles » et fondatrice du Salon du livre féminin de Dakar. La résidence, qui s’est tenu du 5 au 11 mai 2025 sur l’île de Ngor, a permis à ces participantes de perfectionner leur écriture, avec la remise d’attestations à la clé pour chacune d’entre elles à la fin du stage. La gestion de l’atelier a été assurée par Sarah Assidi, éditrice chez Saaraba Editions et doctorante à l’Université Laval. Elle a expliqué avoir accompagné les femmes dans leur processus de développement stylistique : « Mon rôle était de leur fournir les outils pour enrichir leurs nouvelles : fonder leur récit sur une bonne focalisation, gérer la temporalité, créer des personnages crédibles et soigner les descriptions. Ce sont des méthodes essentielles pour que leur écriture se bonifie », précise-t-elle.

Le choix du thème, « Résistance », a trouvé un écho chez toutes les participantes. Sarah Assidi souligne que ce sujet possède une dimension universelle : « Ce qui est intéressant avec ce thème, c’est sa polyvalence. On peut l’aborder dans différents contextes, qu’il s’agisse des pays du Nord ou du Sud. Il fait aussi écho à la lutte des femmes à l’échelle mondiale. Quel que soit l’environnement dans lequel elles évoluent, les femmes doivent constamment faire preuve de résistance à plusieurs niveaux », déclare-t-elle. Dans leurs œuvres, ces femmes ont abordé divers sujets liés aux violences, notamment le féminicide, l’infanticide ou encore la violence physique.

Sarah Assidi remarque que, sans que cela soit planifié, les thèmes traités par les participantes présentent des similitudes. « Cela montre qu’il y a un réel besoin d’exprimer ce qu’elles vivent, un besoin de parole », souligne-t-elle. L’expérience qu’elles ont vécue dépasse le simple aspect littéraire. Elle a été humaine et politique, mais aussi profondément personnelle. « J’ai perçu dans leurs textes des sujets qui me touchent personnellement, en tant que femme, mère et travailleuse. C’était une rencontre riche en émotions », confie-t-elle, manifestant une certaine émotion.

Le Salon du livre féminin, prévu pour le mois d’octobre, portera ces différentes voix à la scène. Sarah Assidi en profite pour encourager les participantes : « Je leur souhaite de continuer à croire en elles, de prendre le temps, l’énergie et l’envie nécessaires pour écrire. » Ce message souligne l’importance pour ces femmes de poursuivre leur démarche d’expression et de résistance à travers la littérature.