Initiatives de sensibilisation dans le cadre du Projet de relèvement d’urgence et de résilience à Saint-Louis (Serrp)
Dans le contexte de la mise en œuvre du Projet de relèvement d’urgence et de résilience à Saint-Louis, connu sous l’acronyme Serrp, l’Agence de développement municipal (Adm) a organisé, lors de deux journées consécutives, une série d’activités visant à sensibiliser la population locale. Ces rencontres se sont tenues à la Chambre de commerce ainsi qu’à l’endroit prévu pour le relogement des populations affectées par la houle il y a quelques années. Ces activités, proposées sous forme de forums, ont pour objectif principal de permettre un dialogue direct avec les populations concernées. Il s’agit notamment de leur expliquer les avancées du projet et d’évoquer celles à venir, tout en leur donnant la possibilité d’exprimer leurs préoccupations. Ces échanges représentent une étape cruciale dans la dernière phase de réalisation du projet, ce qui a été souligné par le Préfet de Saint-Louis ainsi que par les responsables de l’Adm.
Selon les précisions apportées par Abou Sow à l’issue de la première journée d’échange, ce forum dédié au projet Serrp, initié en 2018, intervient dans le cadre du processus de recasement des populations sinistrées. L’objectif principal étant de rechercher des solutions durables pour faire face aux conséquences des différentes houles qui ont impacté la zone de la Langue de Barbarie. Le conseil vise également à réunir les bénéficiaires afin de faire un point sur l’état d’avancement du projet, leur donner l’occasion d’exprimer leurs préoccupations, mais aussi de discuter d’éventuels ajustements dans l’exécution, en présence des responsables de l’Adm, des autorités administratives et des techniciens chargés de la gestion du projet.
Pour Abou Sow, le bilan de ces échanges est positif, car ils ont permis de « mettre toutes les questions sur la table » et d’y répondre convenablement. En évoquant les problématiques soulevées par les populations, l’autorité administrative a notamment mentionné des difficultés relatives au transport des habitants déplacés de la zone de la Langue de Barbarie vers le site de relogement à Djougop. Ce dernier étant situé à une certaine distance, ces populations, majoritairement pêcheurs, doivent continuellement se déplacer vers la zone de la Langue de Barbarie pour poursuivre leurs activités. La sécurité constitue également une préoccupation importante, en raison du fait que les terrains de relogement sont encore en cours d’implantation et ne bénéficient pas d’un maillage sécuritaire satisfaisant. D’autres problèmes mentionnés sont d’ordre intrafamilial, notamment le partage de concessions entre plusieurs familles, ce qui complique la situation à Djougop. Certaines familles refusent catégoriquement de quitter leurs habitations anciennes situées en zone de la Barbarie, et la question des démolitions devient alors particulièrement sensible. Certaines maisons dégagées sont déjà occupées par d’autres familles, ce qui accentue la complexité de la situation, une préoccupation majeure pour le Préfet.
Il a toutefois rassuré qu’un effort sera déployé pour trouver des solutions à toutes ces difficultés. Les autorités administratives continueront de dialoguer avec les populations afin d’apporter des réponses à leurs préoccupations, tandis que l’Adm se chargera de désigner une entreprise responsable des travaux de démolition des maisons situées sur la zone dédiée à l’emprise de la bande des 20 mètres. Bien que ces opérations soient très délicates, nécessitant la collaboration de différents services tels que la Senelec et la Sen’eo, le Préfet a fixé comme échéance le 31 juillet pour leur réalisation.
Une démarche participative pour une mise en œuvre efficace
En multipliant ces plateformes de dialogue, l’Adm espère instaurer un consensus territorial garantissant le bon déroulement des activités en cours, notamment le déblaiement et la gestion de la bande des 20 mètres. Par ailleurs, ces rencontres ont aussi pour but de faciliter le relogement durable des populations affectées. Les discussions portent notamment sur la mise en œuvre du Plan d’Actions et de Réinstallation (PAR) destiné à la zone de la Langue de Barbarie, ainsi que sur les activités de démolition et de requalification de cette bande littorale. L’objectif est d’assurer une protection accrue des populations tout en préparant le terrain à une solution pérenne.
Un débat supplémentaire s’est concentré sur la gestion du site concerné, notamment à travers l’adoption d’une charte ou d’un code de conduite pour encadrer les activités. La cohésion sociale avec les communautés locales, la gouvernance des Pôles d’Infrastructures Communales (PIC), les Projets Socio-économiques (Prose) et autres infrastructures mises en place sont également abordés. Ces aspects sont cruciaux pour assurer la pérennité des investissements et la stabilité sociale dans la zone.