Saint-Louis en alerte sanitaire : 7 cas de fièvre de la vallée du Rift et 4 décès

3 octobre 2025

Alerte d’un niveau élevé d’urgence sanitaire à Saint-Louis : sept cas de fièvre de la vallée du Rift ont été recensés, avec quatre décès dans la vieille ville, à la date d’hier. Selon le Dr Boly Diop, responsable de la Surveillance épidémiologique au sein du ministère de la Santé et de l’hygiène publique, il s’agit bien de la fièvre de la vallée du Rift, présentée comme une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible des animaux à l’homme et qui figure parmi les six zoonoses prioritaires au Sénégal afin d’attirer une attention particulière sur le système de santé. Expliquant la nature de la maladie, il a précisé qu’elle se manifeste principalement par une fièvre, accompagnée de signes généraux tels que des maux de tête, des douleurs musculaires et une asthénie. « Dans la plupart des cas, souligne-t-il, cette maladie évolue de manière bénigne, mais peut, dans certaines situations, donner lieu à des complications, apparaissant sous forme de syndromes hémorragiques qui peuvent emporter les malades si la prise en charge n’est pas adéquate, et, à terme, aboutir à une méningicéphalée pouvant conduire les malades au coma. » Le Dr Diop ajoute « que cette maladie, au début, peut ressembler à plusieurs autres affections suivies par le système de santé, notamment la dengue, la fièvre hémorragique et le paludisme ».

Il précise qu’il s’agit d’une maladie infectieuse qui peut se transmettre par un contact direct entre les fluides des animaux malades et l’homme, mais aussi de l’animal à l’homme par la piqûre des moustiques. Quelles mesures de prévention peuvent être édictées pour la population ? « C’est d’abord d’éviter de toucher les fluides des animaux malades lors des manipulations, mais aussi de ne pas boire du lait cru non pasteurisé provenant d’animaux malades et surtout d’organiser une lutte anti-vectorielle. Celle-ci peut se faire de plusieurs manières, à savoir dormir sous une moustiquaire imprégnée, identifier et détruire les sites larvaires en prenant toutes les dispositions pour qu’au niveau de l’environnement des maisons, on ne puisse pas avoir d’eaux qui stagnent ou le développement d’un excès d’herbes », note le Dr Diop.

Le Gouverneur de la région de Saint-Louis a, pour sa part, expliqué que le Comité régional de crise s’est réuni pour échanger sur la maladie qui s’est déclarée dans la région depuis au moins une semaine, faisant ainsi 4 morts sur les 7 cas recensés. Face à cette situation, il était nécessaire, assure Al Hassane Sall, de réunir l’ensemble des acteurs, notamment les techniciens du ministère de l’Élevage, mais aussi les acteurs des parcs et autres, afin d’échanger sur la question en présence des acteurs communautaires, ainsi que d’autres autorités administratives. « Il fallait donc, dans l’urgence, prendre des mesures pour juguler le fléau, maîtriser l’épidémie, mais surtout éviter sa propagation », a expliqué le Gouverneur, qui a relevé « qu’en collaboration avec le District sanitaire de Saint-Louis, des mesures sont prises pour éviter toute velléité d’expansion de la maladie ». Il ajoute : « Par rapport à cela, nous avons insisté sur la prévention, sur le traitement, sur la disponibilité des moyens de prévention et de traitement, sur la sensibilisation et la communication, mais surtout sur les opérations de saupoudrage à grande échelle. »

Par ailleurs, Al Hassane Sall, qui a révélé que ces opérations ne vont pas uniquement se limiter au département de Saint-Louis dans la mesure où l’une des personnes décédées est venue d’un village de l’arrondissement de Sakal, dans la région de Louga. « Il y a donc des craintes que la maladie ait dépassé le département de Saint-Louis. Et pour cette raison, l’opération de saupoudrage sera une opération d’envergure couvrant toute la région de Saint-Louis, qui pourrait impliquer également les acteurs de la région de Louga », prévient le Gouverneur.