Les acteurs de la pêche artisanale de Saint-Louis disposent désormais d’outils plus performants pour participer à la veille des ressources halieutiques. Une session de renforcement des compétences, organisée dans le cadre du projet GPS 2 du Environmental Justice Foundation (EJF), leur a permis d’approfondir leurs connaissances sur la délimitation des zones de pêche, les procédures d’inspection et l’usage de l’application DASE.
À Saint-Louis, la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) repose davantage sur l’implication des communautés de pêcheurs. Une formation organisée par l’EJF, en collaboration avec la Direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP), a rassemblé les membres de la commission de surveillance du CLPA dans le cadre du projet « GPS 2 : Promotion des principes de transparence et renforcement de la surveillance participative au Sénégal ».
Le programme s’étend sur plusieurs sites de la zone nord, notamment Lompoul, Gandiole et Saint-Louis. Son objectif est de renforcer les capacités des brigades locales appelées à intervenir lors des opérations de contrôle en mer. Les participants ont été initiés à la zonation et à la délimitation des espaces de pêche, aux procédures d’inspection et aux règles de sécurité en mer. Ces savoir-faire sont considérés comme essentiels pour permettre aux acteurs d’identifier plus clairement les zones autorisées ainsi que celles réservées à certaines catégories de navires. Un autre volet important de la formation porte sur l’application DASE. Cet outil permet aux brigades de surveillance de documenter les activités suspectes ou les infractions constatées en mer. Les données collectées peuvent comprendre des photos, des coordonnées géographiques, ainsi que la date et l’heure de l’observation.
Pour Gilbert Waly N’Diaye, chargé de programmes à l’EJF, cette application répond à une difficulté fréquemment rencontrée par les agents de surveillance. « Nous les accompagnons pour mieux documenter les cas de pêche et les infractions », précise-t-il. Les informations consignées sont ensuite enregistrées dans une base de données afin d’assurer le suivi et l’exploitation des signalements.
Du côté de la DPSP, Alioune Faye, chef du bureau des opérations, insiste sur la complémentarité entre l’administration et les acteurs de la pêche artisanale.
« La DPSP ne peut pas être présente en permanence au niveau de la mer pour assurer la surveillance », rappelle-t-il. Les brigades de surveillance participative constituent ainsi un relais important pour observer les activités en mer et transmettre les informations aux services compétents. La question de la délimitation des zones de pêche revêt une importance particulière à Saint-Louis, notamment dans un contexte marqué par la proximité de la frontière maritime avec la Mauritanie. La connaissance des zones d’intervention et des licences détenues par les navires doit permettre aux surveillants d’évaluer plus justement les situations rencontrées en mer. Les bénéficiaires ont salué la tenue de cette formation.
S’exprimant en leur nom, Abdoulaye Maga Diaw estime que ces nouvelles connaissances leur permettront d’avoir une meilleure maîtrise des zones de pêche et, par conséquent, de contribuer à prévenir certaines infractions. La mission prévoit également la mise à niveau des utilisateurs de DASE, la configuration des téléphones et les échanges avec les acteurs afin d’identifier les difficultés rencontrées lors des opérations de surveillance. À travers cette démarche, l’EJF et ses partenaires visent à consolider la surveillance participative et à renforcer la protection durable des ressources halieutiques dans la zone nord.