Rufisque : l’Union des mareyeurs réclame le remboursement des camions frigorifiques acquis via la DER/FJ

15 août 2025

Les bénéficiaires des camions frigorifiques acquis grâce au soutien de la Délégation à l’entrepreneuriat rapide (Der/ Fj) doivent désormais s’acquitter de leurs dettes, telle est la position défendue par l’Union nationale des mareyeurs du Sénégal (Unams) sur ce dossier qui secoue le secteur. Cet achat, remonte à 2020, s’inscrivait dans le cadre du Projet d’appui et de valorisation des initiatives entrepreneuriales (Pavie) et avait permis la mise à disposition de camions frigorifiques à des membres de l’Association des mareyeurs du Sénégal (Anams), de la Fédération nationale des mareyeurs du Sénégal (Fenams) et du Collectif national des mareyeurs du Sénégal (Cenams), pour un budget de 2 milliards de francs. «Nous demandons à l’État du Sénégal de prendre ses responsabilités et de ne céder à aucun chantage venant de qui que ce soit, parce que l’État a déboursé beaucoup d’argent pour le mettre dans le secteur du mareyage… Nous exigions du président de la République, de son Premier ministre et de notre ministre de tutelle de tout mettre en œuvre pour que ces camions soient remboursés à temps, car d’autres projets attendent le secteur», a déclaré Fatou Diagne, vice-présidente de l’Unams, lors d’une rencontre du bureau de l’Unams au Cnfa, à Rufisque. «Ce sont 55 camions qui ont été distribués. Et 55 camions pour le nombre de mareyeurs qui existent au Sénégal, on peut dire que cela représente environ 1% des bénéficiaires. Donc 99% des mareyeurs attendent, portent des projets et doivent être soutenus dans leur travail. L’État doit donc prendre ses responsabilités afin que cet argent soit remboursé», a-t-elle insisté, soulignant que c’est le moyen d’ouvrir la voie à d’autres mareyeurs dans le cadre du programme. «Lors du Covid, on nous avait convoqués pour dire que l’État avait soutenu les mareyeurs pour un montant d’un milliard, et que la Der ajouterait un milliard. Cet argent aurait été déposé au Crédit mutuel pour que les acteurs en bénéficient. Depuis lors, nous n’en savons rien et demandons à être édifiés», a raconté Pape Amadou Diaw, président de l’Unams, appelant les autorités à faire la lumière sur ce dossier. Outre ces points, les membres de l’Unams ont profité de la rencontre pour se démarquer des perturbations annoncées dans la distribution du poisson par d’autres organisations. «Nous avions entendu un de leurs présidents dire qu’il y avait une lettre adressée au président de la République et que notre président, M. Pape Ibrahima Diaw, avait même signé cette lettre, ce qui est archi-faux. M. Pape Ibrahima Diaw n’a jamais apposé sa signature sur aucune lettre, ni à son nom personnel ni au nom de l’Unams», a indiqué la vice-présidente. «On a entendu parler d’une grève pour paralyser les marchés et les quais de pêche… Nous voulons que les consommateurs sachent que les mareyeurs et micro-mareyeurs de l’Unams ne sont pas concernés par ce mot d’ordre», a-t-elle ainsi posé.