Rufisque : Les propriétaires du lotissement de la Série G demandent un audit face à des irrégularitésObserved

6 août 2025

Par Alioune Badara NDIAYE – Les bénéficiaires du lotissement dit de la Série G, une zone résidentielle consacrée par la municipalité de Rufisque en 1996, rencontrent de grandes difficultés pour obtenir la possession officielle de leurs terrains. Selon Khaly Cissé, qui préside le Collectif des attributaires de la Série G (Caseg), ces obstacles proviennent, entre autres, des comportements peu scrupuleux de certains fonctionnaires et élus locaux, qui tenteraient de s’accaparer illégalement de ces propriétés. « Le lotissement de la série a été créé en 1996 sous l’impulsion du défunt maire Mbaye Jacques Diop, dans le but d’accueillir les personnes en situation de précarité », a-t-il expliqué samedi lors de l’assemblée générale du collectif, qui s’est tenue sur le site situé dans la commune de Rufisque-Est. « Cependant, des individus sans scrupules ont profité de cette initiative pour en faire du « tong-tong », c’est-à-dire un trafic informel ou une spéculation foncière, en privant les vrais bénéficiaires de leurs droits », a-t-il précisé.

Il a dénoncé un véritable bradage foncier, dissimulé sous des apparences légales, et imputé cette situation à des agents véreux et à des spéculateurs immobiliers. « Il s’agit d’un mécanisme bien rodé d’expropriation déguisée », a-t-il dénoncé, avant d’accuser ces acteurs d’utiliser de fausses informations ou de faux documents pour dissimuler leurs actions. « Certains terrains occupés dans la réalité par des bénéficiaires se voient aujourd’hui signifier qu’ils appartiennent en fait à d’autres personnes, ou qu’ils font partie de terrains transférés à des individus qu’ils ignorent totalement », a-t-il dénoncé, appelant l’État à intervenir rapidement. Khaly Cissé a également affirmé ne pas vouloir se laisser spolier de cette manière, et a insisté sur la nécessité de réaliser un audit foncier afin de mettre en lumière toutes les irrégularités présentes sur le site. « Nous demandons instamment un audit approfondi de la situation foncière. Seule une telle démarche pourra révéler les incohérences et abus qui ternissent cette zone », a-t-il affirmé. Ce lotissement fait partie d’une série allant de la Lettre A à la Lettre F, et jusqu’à présent, toutes ces zones ont été habitées sans problème majeur.

Malheureusement, la situation des 1 409 attributaires de la Série G reste problématique depuis près de trois décennies. Depuis tout ce temps, ils peinent à prendre possession de leurs terrains, qui ont été affectés à d’autres usages ou impactés par diverses infrastructures. Parmi ces empiètements, on compte les 13 hectares attribués à la Société Commerciale de Côte d’Ivoire (Sococim) pour la culture du jatropha, le château d’eau de la Sones, ainsi qu’une voie de contournement qui traverse la zone. Même si un accord avait été trouvé pour le relogement des personnes impactées par la projet de Sococim, avec des sites proposés à Daga Kholpa, Déni Birame Ndao ou Déni Gueth, ce projet reste bloqué, et aucune avancée concrète n’a été faite jusqu’à présent.

Profitant de cette rencontre, le président du collectif a lancé un appel à l’attention des autorités pour qu’elles fassent preuve de plus de diligence afin de résoudre rapidement ces divers problèmes, dans l’intérêt des bénéficiaires. Il a notamment rappelé l’importance de préserver la mémoire du maire Mbaye Jacques Diop, en permettant enfin aux attributaires de disposer officiellement de leurs terrains, pour qu’ils puissent y vivre dignement avec leurs familles.