Rufisque : Des acteurs relient la réussite scolaire aux bénéfices des cantines scolaires

30 juillet 2025

Les cantines scolaires, un levier essentiel pour améliorer la réussite des élèves

Le projet de mise en place de cantines dans les écoles, déjà expérimenté dans plusieurs établissements du département, constitue un facteur clé dans l’amélioration de la qualité des apprentissages. Plusieurs acteurs impliqués dans ce programme, soutenu par le Conseil départemental de Rufisque, ont souligné cette réalité en se référant aux résultats officiels du baccalauréat 2025. Ils ont été invités à échanger lors d’une émission sur la radio communautaire Jokko.fm, autour du thème : « Mieux nourrir pour mieux réussir : quand la cuisine centrale dynamise les résultats scolaires. »

« En observant les résultats du baccalauréat, il apparaît que dans les zones où des cantines scolaires ont été instaurées, les performances se sont révélées particulièrement satisfaisantes. Ce constat a été effectué dans plusieurs régions du pays », a déclaré Amadou Kanouté, Directeur exécutif de Cicodev, lors de son intervention d’introduction.

Sény Kébé, membre du Grdr, a également souligné cette tendance en affirmant : « Trois des quatre lycées bénéficiant des services de la cantine scolaire occupent actuellement les premières places du classement départemental. Cela confirme que l’alimentation peut réellement influencer positivement les résultats scolaires. »

Il a notamment cité le Lycée moderne de Rufisque, le Lycée de Niagues, situé dans la commune de Tivaouane Peulh-Niagues, ainsi que le Lycée de Bargny, qui ont tous trois figuré en tête des performances académiques. Actuellement, une vingtaine d’établissements scolaires, comprenant à la fois des collèges et des écoles primaires, profitent de repas préparés dans le cadre du projet, directement issus des cuisines centrales.

« Là où des cantines existent, on peut observer depuis trois ans déjà une amélioration générale des résultats scolaires », a indiqué Mamoune Ndiaye, parent d’élève et gestionnaire de la cuisine centrale du Lycée moderne.

Selon lui, le menu comprend un petit déjeuner à base de céréales, servi les lundi, mercredi et vendredi, ainsi qu’un déjeuner, offert les mardi et jeudi. Le coût d’un repas est fixé à 100 francs par élève. Cheikh Tidiane Ndiaye, membre du Conseil départemental, a quant à lui précisé que la cuisine centrale fournit environ 2 500 plats par jour en pleine capacité.

Au-delà de l’impact pédagogique évident, Mamoune Ndiaye insiste aussi sur le rôle social que jouent ces cantines. Elles contribuent notamment à lutter contre le décrochage scolaire, souvent lié à la précarité financière des familles, tout en favorisant la socialisation des élèves, qui partagent leur repas « autour du bol » plutôt que dans des assiettes.

M. Kanouté a rappelé que ces cantines participent également à la création d’une économie circulaire locale. En effet, la production de légumes est majoritairement locale, avec des cultures provenant de l’environnement immédiat de Lendeng, pour alimenter les cuisines centrales de Rufisque, et de jardins de proximité dans d’autres localités.

Il a précisé que ces cultures sont exemptes de pesticides ou autres produits chimiques, garantissant ainsi la consommation de légumes sains par les enfants. Il a aussi évoqué des partenariats avec des mareyeurs et des aviculteurs locaux pour approvisionner régulièrement les cuisines en produits frais et de qualité.

Cheikh Tidiane Ndiaye a appelé l’ensemble des communes à rejoindre ce programme, tout en lançant un appel à l’État central pour qu’il renforce cette initiative à l’échelle départementale.

Enfin, M. Kanouté a conclu en plaidant en faveur d’une législation nationale visant à généraliser la mise en place des cantines scolaires à travers tout le Sénégal, en soulignant l’importance de faire de cette démarche une politique structurante pour la réussite éducative dans le pays.