La visite d’amitié et de travail du nouveau président béninois, Romuald Wadagni, au Sénégal, le mardi 9 juin 2026, m’a incité à porter encore plus d’attention sur celui qui porte désormais les rênes du Bénin (ancien Dahomey). Romuald Wadagni, expert-comptable de formation et fils d’un économiste statisticien, a forgé son parcours professionnel dans de grandes structures comme Deloitte, où il a joué un rôle déterminant dans la structuration du cabinet et son rayonnement, notamment en Afrique. Nommé ministre d’État par le président Patrice Talon, il a assuré pendant longtemps la gestion des finances du pays. Avant cette seconde tournée qui l’a conduit successivement au Sénégal, au Mali et en Guinée-Bissau, Wadagni avait, lors d’un premier déplacement, visité le Nigéria, le Niger, le Burkina et la Côte d’Ivoire. Des tournées qui visent à renforcer le dialogue, la coopération économique et la sécurité régionale.
Durant la campagne électorale, le candidat Wadagni, en tenue décontractée, a parcouru le pays à bord d’un véhicule tout-terrain, d’un minibus, et même en « zémidjan » (moto) pour prendre le pouls des préoccupations des citoyens. Il a manifesté de l’humanité et de l’humilité, mais aussi de la sincérité et du sérieux dans son engagement politique en faveur des siens. Une démarche novatrice qui lui a probablement valu son élection à la tête de son pays.
Pendant la campagne, il avait privilégié les échanges personnels, l’écoute des Béninois et la prise de la température sociale. Il s’est imprégné des difficultés des différentes couches socio-professionnelles afin d’identifier des solutions adaptées aux problématiques rencontrées par ses compatriotes. Il sollicite aussi l’avis des personnes qu’il rencontre, afin de mieux les servir une fois aux affaires. Très modestement. C’est le cas avec le retraité Aballo, qui lui a confié : « C’est la loyauté et la disponibilité. Il faut faire en sorte que la jeunesse se sente concernée. Le développement ne peut pas venir d’ailleurs. Nous devons nous sentir impliqués et apporter notre contribution ». Le vieux, qui se dit apolitique, a invité Wadagni à rester attentif à leurs préoccupations.
À Parakou, Romuald Wadagni a rencontré Bonaventure, enseignant de mathématiques et passionné d’élevage de lapins, qui, parallèlement à son métier, élève des lapins. Ensemble, ils ont discuté des leviers pour rendre l’enseignement plus attractif et de la nécessité de repenser les méthodes d’enseignement et les contenus pour mieux captiver les élèves.
À Séraphin, jeune riziculteur, il a présenté la politique d’État visant l’autosuffisance en riz. « Étiez-vous au courant que l’État peut vous assister pour obtenir des tracteurs afin d’augmenter votre production ? », lui a-t-il demandé, avant d’ajouter : « Nous allons vous accompagner… »
À Natitingou, dans le nord-ouest du Bénin, Wadagni a échangé avec Joyïse, étudiante en physique-chimie originaire de Porto-Novo. Avec elle, il a exploré les perspectives d’avenir et ce que l’État peut faire pour améliorer les conditions de vie et d’études afin que des jeunes filles comme elle puissent aller le plus loin possible dans leurs études. Toujours dans le septentrion, il a visité un atelier de travail et un site culturel pour voir avec son hôte du jour ce que le pays peut faire pour soutenir le tourisme et, par ricochet, le développement local.
À Cové, Wadagni a rencontré Béatrice, une jeune passionnée d’élevage. Elle a exprimé ses doléances pour faire fructifier son activité et « Sa voix compte », lui a-t-il confié. Il a aussi rencontré Juvénale, une piscicultrice, avec qui il a évoqué la cellule de valeurs pour que les professionnels se renforcent et pour que l’alimentation des Béninois soit assurée par des productions locales et locales uniquement.
Romuald Wadagni a sillonné de nombreuses localités telles que Toffo, Allada, Tori, Ouidah, Kpomassé, Pahou, Sakété, Dangbo, Avrankou, Ganvié, Porto-Novo, Sèmè-Kpodji, et bien d’autres. Il a été reçu sous l’arbre à palabres et a pris le temps de rencontrer Souladjo, le chauffeur de minibus, Abdoulaye engagé dans l’élevage intensif, Madeleine, productrice de beurre de karité, Fousseni le coiffeur, Hermione la commerçante et mère de famille courageuse, entre autres. Partout où il est passé, il a démontré un engagement franc et sincère à servir loyalement ses compatriotes et son pays.