Les enseignants ont retrouvé le chemin des établissements, lundi 5 octobre. À Dakar, entre la Fastef, le lycée Thierno Saïdou Nourou Tall et le lycée technique commercial Maurice Delafosse, l’ambiance était celle des retrouvailles, mais aussi la réflexion sur les nombreux défis qui attendent l’école sénégalaise durant cette année.
Il est environ 10 heures ce lundi 5 octobre 2026. À la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation (Fastef), l’effervescence se fait sentir. Les arbres, tous de la même variété, bordent les allées et confèrent au lieu une atmosphère paisible. Cependant, le décor est autre : des étudiants circulent entre les amphithéâtres, les presses et les points de vente de matériel bureautique. Des enseignants en formation, venus assister aux cours, ne passent pas inaperçus.
Au milieu de ce tumulte, un groupe de plus de vingt enseignants se dirige vers le bâtiment A. Composé d’hommes et de femmes, ils appartiennent au lycée Thierno Saïdou Nourou Tall et viennent prendre part à la rentrée académique que l’établissement a déplacée vers ce site. Ils discutent et s’échangent des accolades. L’ambiance témoigne des trois mois de congé passés loin des salles de classe. Certains échangent sur le déroulement de leurs vacances. Après le petit-déjeuner, le groupe s’avance vers l’amphithéâtre où doit se tenir la réunion de rentrée. Une fois installés, des prières sont formulées afin d’implorer l’aide divine pour que l’événement se déroule dans de bonnes conditions.
Quelques rappels d’usage
Le proviseur du lycée, Cheikh Tidiane Fall, prend la parole. Il revient sur plusieurs aspects concernant la rentrée scolaire des enseignants et de l’établissement qu’il dirige. Selon lui, la quasi-totalité des enseignants du lycée s’est manifestée à l’appel. Dans son propos, M. Fall évoque les nombreux défis que son établissement doit relever durant l’année académique. Il cite notamment la réhabilitation de certaines salles de cours, la dotation de tablettes connectées pour la bonne marche des enseignements et la réussite des élèves. « Un parent d’élèves nous a aidés à réhabiliter deux salles dans l’établissement. Avec un nombre d’élèves élevé, certains cours se font parfois à Grand-Dakar, que nous pouvons considérer comme une annexe de notre établissement », fait-il savoir.
Cheikh Tidiane Fall n’a pas manqué de souligner l’usage des fascicules entre autres matériels didactiques. « Ces fascicules, qui s’inscrivent dans le cadre de la pédagogie inversée, sont le plus souvent confectionnés par les enseignants », précise-t-il, soulignant leur apport dans les enseignements-apprentissages tout en soulignant que leur vente reste interdite par l’autorité. « Les élèves ont des niveaux de compréhension différents, et certains peuvent être aidés par les fascicules. Mais ce que je déplore, c’est leur mise en vente, qui est interdite par le ministère de l’Éducation nationale. Aux professeurs, si vous confectionnez un fascicule, quelle que soit la matière, venez me voir. Je vous rembourserai le prix de la confection et, en retour, je le multiplierai pour le distribuer aux élèves », précise le proviseur.
À environ un kilomètre du lycée Thierno Saïdou Nourou Tall, le lycée technique commercial Maurice Delafosse vit le même contexte. Ici, également l’heure est à la rentrée pour le corps enseignant. L’établissement n’a pas été épargné par les fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar. On note des flaques d’eau par endroit dans la cour. Devant les tableaux d’affichage, un nombre important d’élèves se pressent pour recueillir des informations dont eux seuls connaissent l’importance. La présence de quelques véhicules dans le lycée témoigne qu’un événement particulier s’y déroule. Dans la salle de la direction des études, des enseignants prennent part à la cérémonie protocolaire marquant la rentrée. Ils discutent de tout et de rien. En Lacoste jaune et lunettes bien ajustées, le directeur des études traite les dossiers empilés sur son bureau.
Recevant des élèves et des parents, monsieur Tine affirme que beaucoup d’enseignants ont rejoint l’établissement malgré les fortes pluies tombées la veille sur Dakar. Entre retrouvailles chaleureuses, défis matériels et contraintes climatiques, cette rentrée scolaire des enseignants à Dakar illustre à la fois leur dévouement pour l’éducation.