Relance du réseau ferroviaire en Indonésie : étude de cas

21 novembre 2025

Lancé il y a un peu plus d’un siècle, parallèlement à ce qui se passait au Sénégal, le développement du réseau ferroviaire indonésien a connu un essor spectaculaire, alors que, dans le même pays, les rails sénégalais s’érodaient et perdirent de leur solidité.

En misant résolument sur le rail, l’Indonésie a cherché à impulser les mécanismes qui soutiennent la croissance et le développement. Le pays a ainsi établi un réseau national dense et tissé une maille couvrant toutes les régions, ce qui a permis d’accompagner l’aménagement du territoire et de poser les bases d’une plus grande équité d’accès entre les territoires.

Dans ce pays d’Asie, les projets ferroviaires récents visent à moderniser et à étendre le réseau existant, alors que, chez nous, sous les pressions des institutions financières comme le FMI et la Banque mondiale, le chemin de fer a été non seulement freiné mais, dans certains cas, démantelé.

En Indonésie, l’État a investi massivement dans le développement de ses infrastructures ferroviaires, notamment avec la mise en place de la liaison à grande vitesse entre Jakarta et Bandung, qui relie la capitale à la ville de Bandung, chef-lieu de la province de Java-Occidentale.

Le coût total du projet Jakarta-Bandung est estimé à environ 5,51 milliards de dollars, financement partiel par des prêts notamment issus de la Chine. Les investissements directs étrangers (IDE) en Indonésie ont atteint 21,6 milliards de dollars en 2023, dont une part importante destinée aux infrastructures, y compris les systèmes de transport.

Depuis lors, ces réalisations affichent des retours sur investissement solides. En effet, l’impact économique et social des projets ferroviaires est considérable, notamment en matière de réduction des temps de trajet, de création d’emplois et de stimulation de l’économie locale.

Le secteur des transports, ferroviaire compris, représentait 11,2% des IDE en 2023, témoignant d’une part significative des investissements étrangers dans le pays.

UN CAS D’ÉCOLE POUR LE SÉNÉGAL.  

Pour comprendre ce que nous avons perdu lorsque le réseau ferré qui traversait le Sénégal pour atteindre le Mali s’est effacé, il convient de regarder le modèle indonésien. L’histoire du rail dans ce pays mérite d’être revisitée afin d’alimenter le débat sur la nécessité de repenser le rôle du rail parmi nos leviers de croissance et de développement.

La réactivation du train Touba-Mbacké illustre déjà ce que ce moyen de transport, économe en énergie, accessible pour les populations et peu polluant, peut apporter en termes de bénéfices.

Sur le plan de la valeur ajoutée, ce train remis en service peut relancer une économie entière. Selon des opérateurs, l’investissement nécessaire serait d’environ 150 millions de dollars au lieu des 2 milliards annoncés, preuve que, avec de l’engagement et une volonté affirmée, il est possible de dynamiser tout un système économique.

Ce cas d’école tiré de l’exemple indonésien, conjugué à l’expérience pratique du train Touba-Mbacké, constitue des leçons à intégrer pour relancer les leviers de notre économie sans attendre les injonctions des bailleurs de fonds. C’est là que la coopération bilatérale prend toute son importance.

Au Sénégal de savoir choisir ses partenaires.

UN EXEMPLE A SUIVRE

Le cas de l’Indonésie représente un modèle à suivre pour le développement du réseau ferroviaire sénégalais. Il faut investir massivement dans l’infrastructure ferroviaire afin de créer des conditions propices à la croissance et au développement économique. Le projet de train à grande vitesse Jakarta-Bandung illustre concrètement ce type d’investissement.

Le Sénégal peut tirer des enseignements de l’expérience indonésienne en matière de développement du rail. La relance du train Touba-Mbacké constitue une étape prometteuse, mais il serait utile d’envisager des projets plus ambitieux et davantage structurants pour renforcer le réseau ferroviaire national.

La coopération bilatérale peut jouer un rôle crucial dans le déploiement des infrastructures ferroviaires. Le Sénégal pourrait rechercher des partenaires expérimentés pour l’aider à développer son réseau, en menant des études de faisabilité afin d’identifier les besoins de transport ferroviaire et les projets les plus rentables, en investissant dans la modernisation et l’extension du réseau existant ainsi que dans la construction de nouvelles lignes, en envisageant des partenariats public-privé pour financer et gérer les projets, et en investissant dans la formation et le développement des compétences pour disposer d’un personnel qualifié capable de concevoir, d’exploiter et d’entretenir le réseau.

Le développement du réseau ferroviaire est donc crucial. La relance du train Touba-Mbacké constitue une avancée positive, mais il est nécessaire d’envisager des projets plus ambitieux afin de répondre durablement aux besoins du pays.