Quasiment un quart de siècle après le séisme du 31 mai 2002, le Sénégal et la France se retrouvent, ce mardi 16 juin, dans une affiche de prestige qui ouvre le groupe I de la Coupe du monde 2026. Le MetLife Stadium, dans le New Jersey, sera le cadre de ce duel historique, l’un des rendez-vous les plus attendus du tournoi. Les Lions veulent s’attaquer aux Coqs et les priver de leur rêve d’effacer le traumatisme de 2002.
Le 31 mai 2002, lorsque Pape Bouba Diop a mis fin au rêve de la France en frappant un coup décisif, offrant l’un des plus grands exploits de l’histoire du Mondial, bon nombre des joueurs qui fouleront la pelouse du MetLife Stadium mardi 16 juin n’étaient pas encore nés ou étaient trop jeunes pour s’en souvenir.
Cette rencontre ravivera une série de souvenirs chez les fans et les observateurs. Après près de vingt-cours ans, la nouvelle génération des Lions entend tracer sa propre trajectoire et décrocher son exploit. Sous la houlette de Pape Thiaw, acteur de cette épopée, les joueurs auront pour mission d’assumer l’héritage en faisant (encore) tomber la France.
Ce duel inaugural du groupe I, sans aucun doute l’une des affiches les plus attendues du Mondial « États-Unis-Mexique-Canada » (11 juin – 19 juillet 2026), s’annonce particulièrement chargé d’émotion. Un parfum de revanche flottera assurément au MetLife Stadium. Cette rencontre sera seulement la seconde confrontation officielle entre ces deux pays dans l’histoire.
Après vingt-quatre ans d’attente, les Bleus disposent d’une belle opportunité pour régler leurs comptes avec les Lions. À l’image de 2002, la France, devenue un modèle de régularité sur la scène internationale, figure parmi les prétendants crédibles au titre. Champions du monde en 2018, vice-champions en 2022, les Bleus savent occuper les grands rôles dans les grands rendez-vous.
Dotée d’un effectif étoilé, elle dispose d’arguments solides pour aller jusqu’au bout. Une victoire contre le Sénégal permettrait à la France de lancer idéalement son parcours dans le tournoi et de s’emparer de la tête du groupe. Pour son ultime Coupe du Monde, Didier Deschamps s’appuiera sur des éléments tels que Dembélé, Olise, Mbappé, Barcola et Upamecano pour effacer le souvenir douloureux de 2002 et refermer cette page sombre.
Face à eux, l’opposition promet d’être captivante, car vingt-quatre ans après son arrivée sur la scène mondiale, le Sénégal a gagné en maturité. Depuis lors, les Lions ont décroché deux titres africains et atteint un huitième de finale en Coupe du Monde. Portée par des joueurs de dimension mondiale évoluant dans les championnats les plus exigeants, l’équipe de Pape Thiaw vise une nouvelle performance historique.
Sadio Mané et ses partenaires visent à faire mieux que lors du dernier Mondial au Qatar, où ils avaient été éliminés par l’Angleterre (0-3).
Tout commence par obtenir un résultat solide contre les Bleus. Les Lions veulent reproduire l’exploit des aînés en 2002 et marquer les esprits. Une victoire leur offrirait une option sérieuse pour prendre la tête du groupe avant le duel contre la Norvège.
LE SÉNÉGAL EN CHIFFRES
7. Le Sénégal, avec le Cameroun (1990) et le Nigeria (1994), demeure la seule nation africaine à avoir marqué sept fois dans une même édition. C’était lors de l’édition 2002, au Japon et en Corée. Après leur victoire sur la France (1-0), les Lions ont concédé le nul face au Danemark (1-1) et à l’Uruguay (3-3), avant de dominer la Suède en huitièmes de finale. Leur parcours s’est ensuite arrêté en quarts face à la Turquie (0-1).
Le Maroc (6 buts), première équipe africaine à atteindre les demi-finales, n’a pas fait mieux. En sept rencontres, les Lions de l’Atlas n’ont trouvé le chemin des filets qu’à six reprises.
3. C’est le nombre de buts inscrits par Pape Bouba Diop lors de l’édition de 2002. Après avoir crucifié la France, championne du monde en titre lors du match d’ouverture, le milieu de terrain s’est offert un doublé contre l’Uruguay lors du dernier match de la phase de groupes. Il est, à ce jour, le meilleur buteur sénégalais en Coupe du monde.
Seul le Camerounais Roger Milla, auteur de quatre buts en 1990, a fait mieux parmi les joueurs africains.
12. En trois phases finales, le Sénégal a rencontré douze équipes différentes, contrairement au Nigeria qui a croisé l’Argentine à cinq reprises, la Bulgarie deux fois et la Grèce à deux reprises également.
Plus de deux décennies après son tout premier match en Coupe du monde, le Sénégal retrouve la France pour une rencontre qui s’annonce explosive. Ce sera leur deuxième confrontation de l’histoire.
51. C’est le nombre de joueurs utilisés par Bruno Metsu et Aliou Cissé lors des trois précédentes campagnes du Sénégal au Mondial. En 2002, au Japon et en Corée, le technicien français a lancé 17 joueurs en cinq rencontres.
Pour sa part, El Tactico a donné sa chance à 34 joueurs en 2018, en Russie, puis en 2022, au Qatar. Sur le groupe de Pape Thiaw présent en Amérique, 13 joueurs sur les 26 disputeront leur tout premier Mondial. Douze autres étaient de l’aventure quatre ans plus tôt, tandis que Sadio Mané effectue son grand retour après avoir manqué l’édition 2022.
4. Parmi les 51 joueurs utilisés, Diafra Sakho est celui qui a disputé le moins de minutes. L’attaquant ne compte qu’une seule apparition en Coupe du monde. Contre la Colombie en 2018, en Russie, il est entré en jeu à la 86e minute à la place de Mbaye Niang.
Fodé Ballo-Touré compte une minute de plus. Il a remplacé Ismaïla Jakobs à la 85e minute contre l’Angleterre en 2022, au Qatar.
10. C’est le nombre de joueurs titulaires qui n’ont jamais été remplacés en Coupe du Monde. Il s’agit de Tony Sylva, Omar Daf, Lamine Diatta, Pape Bouba Diop et El Hadji Diouf, qui ont chacun disputé l’intégralité des 483 minutes du parcours sénégalais en 2002.
Khadim Ndiaye (270 minutes), Salif Sané (270 minutes), Sadio Mané (270 minutes) ainsi que Kalidou Koulibaly ont également été des titulaires indiscutables en 2018. Koulibaly était encore présent en 2022, aux côtés d’Édouard Mendy (360 minutes). Le défenseur central totalise ainsi 630 minutes de présence sur le terrain en Coupe du monde.