Dans cet entretien, le directeur des Ressources humaines de la SETER expose sa vision de la gestion du capital humain, affirmant que des efforts soutenus sont menés à travers la formation, le renforcement et le transfert des compétences afin d’assurer une exploitation optimale.
À votre niveau, quels sont les métiers de l’exploitation ferroviaire ?
À l’aube de l’exploitation, on dénombrait plus de 143 métiers. Aujourd’hui, ce total a largement dépassé ce chiffre et l’on peut sans doute parler d’un ensemble dépassant les 200 métiers.
Parmi ces métiers, ceux liés à la maintenance constituent la grande majorité. Ils couvrent tout ce qui touche aux infrastructures, aux systèmes et aux bâtiments, ainsi qu’à l’entretien des rames. Ce sont des postes de techniciens de maintenance, que ce soit pour la voie ferrée ou pour le matériel roulant globalement.
Nous observons aussi un développement notable des métiers propres à l’exploitation, notamment celui de conducteur de train. Globalement, ce n’est pas un métier nouveau, mais pour le train express régional, compte tenu du niveau technologique, on peut le considérer comme une spécialité nouvelle au sein de notre organisation au Sénégal. À ce jour, il n’existe pas d’école spécifique qui forme directement des conducteurs de train express régional, de sorte que la formation est assurée en interne.
Par ailleurs, les postes de chef de circulation et de superviseur relèvent également des métiers d’exploitation et ils sont exercés aujourd’hui à la SETER.
Ce sont des métiers qui exigent une expertise assez pointue. Comment la SETER œuvre-t-elle pour renforcer son capital humain ?
Vous avez tout à fait raison: ce sont des métiers qui nécessitent un bon niveau de technicité. Ce sont pour la plupart des postes qui n’existaient pas encore ici au Sénégal.
Pour illustration, les premiers collaborateurs à travailler au sein de l’entreprise étaient des techniciens de maintenance du matériel roulant. Il s’agissait des premières recrues sénégalaises. Elles ont été envoyées en France pour une période de six mois auprès de la SNCF, afin d’y recevoir une formation et d’y observer les pratiques en matière de maintenance du matériel roulant, car au Sénégal, ce type de technicien était recruté mais pas encore ferroviaire au sens strict.
Cette immersion en France a permis de les adapter aux métiers propres au ferroviaire. Ainsi, ces agents ont passé six mois sur place pour se former et observer, sur le terrain, comment s’effectue aujourd’hui la maintenance du matériel roulant.
Quant à d’autres métiers comme la conduite, les premiers formés furent des chefs d’équipe conduite. Par la suite, des experts de la SNCF les ont formés et ont assuré un transfert de compétences vers des formateurs locaux, notamment des chefs d’équipe basés sur place. Ceux-ci forment aujourd’hui les conducteurs de train au Sénégal.
Aujourd’hui, de nombreux métiers ont acquis une véritable expertise grâce à la formation, puis cette expertise est ensuite transmise aux générations plus jeunes.
Vous l’avez indiqué tout à l’heure: il y a plus de 200 métiers nouveaux. Il est certain que d’autres apparaitront à l’avenir. Comment la SETER prépare-t-elle ses futurs talents, ses prochains talents ?
Ce qui distingue la SETER, c’est que lors du recrutement, on vous confie d’emblée un métier, car il y en a beaucoup qui s’exercent ici et, comme mentionné précédemment, une formation initiale est associée à ce poste.
C’est le cas, par exemple, de la conduite, et pratiquement de l’ensemble des métiers de l’exploitation au niveau du COF, notamment celui de superviseur COF.
Et même pour les autres métiers techniques, nous disposons en interne de ce que l’on appelle la SETER Academie, un centre de formation qui permet d’équiper les recrues et de leur attribuer une profession.
Même les agents du Service voyageur que nous encadrons reçoivent, à leur arrivée, une formation d’un mois, parfois moins, afin de maîtriser les bases du métier et d’assurer le service.
Nous projetons sans cesse nos réflexions sur les métiers afin d’anticiper toutes les éventualités. Par exemple, les JOJ vont bientôt arriver et, dès à présent, nous anticipons pour assurer une couverture optimale durant cet événement d’envergure.
Comment les femmes sont-elles représentées ici à la SETER ?
À l’heure actuelle, la répartition se situe autour de 40 % de femmes contre 60 % d’hommes. C’est déjà un progrès conséquent, mais cela ne suffit pas et nous poursuivons nos efforts.
Cependant, dans nos processus de recrutement, il n’existe pas de préférence fondée sur le genre. Notre priorité reste le talent: ce sont les compétences qui permettent d’occuper chaque poste.
Néanmoins, au démarrage, les chiffres n’étaient pas aussi favorables. Nous étions autour de 20 à 25 %. Avec le temps, on observe que les femmes s’engagent de plus en plus dans les métiers du ferroviaire.
On constate notamment une proportion notable de conductrices de train. Dans des métiers comme la maintenance du matériel, nous comptons aujourd’hui une forte présence féminine.
Elles font preuve d’un grand courage et apportent énormément à la SETER. Plus encore, elles parviennent à concilier vie privée et vie professionnelle, ce qui n’est pas toujours facile, les horaires pouvant parfois être contraignants pour une mère de famille.