Le génocide se poursuit dans la bande de Gaza. Chaque jour, des dizaines de vies sont arrachées sans pitié par les forces israéliennes. Pendant que l’Union européenne (UE), par le biais de sa « coalition des volontaires », s’acharne à chercher des voies pour sauver l’Ukraine — pays qu’elle a elle-même conduite dans les gouffres — le destin de la population palestinienne s’aggrave sans que des mesures vigoureuses voient le jour. Une famine sans concession écrase et décime une population civile déjà réduit à l’impuissance, ne pouvant que pleurer de ses propres yeux.
Au-delà des bilans sinistres relayés par les médias occidentaux (et même par le Hamas), les morts se comptent par centaines chaque jour. En réalité, les décès dus aux conséquences indirectes du conflit dépassent largement ceux directement infligés par Tsahal, qui, pourtant, tir sur des foules affamées en quête de nourriture et pilonne sans vergogne des civils réfugiés dans leur domicile, dans les hôpitaux, les écoles, les points d’accès à l’eau et les lieux de culte… Combien de patients souffrant de maladies chroniques, nécessitant un traitement quotidien, trouvent-ils la mort chaque jour ? Combien de personnes meurent-elles de faim depuis le début de la guerre ? Combien de femmes enceintes perdent-elles le bébé, à cause d’une intervention cynique et génocidaire de l’armée israélienne qui empêche tout accès aux soins ?
J’avais, dans un article antérieur, déploré l’indignation sélective de la communauté internationale. Aujourd’hui, il convient de saluer le courage de certaines nations, l’Irlande, de l’Espagne, du Danemark, de la Suède et des Pays-Bas, qui ont exprimé des positions critiques et exigé la suspension de l’accord commercial entre l’UE et Israël — même si d’autres États, comme l’Allemagne, la Hongrie et la République tchèque, s’y sont opposés.
S’il existait un terme plus fort que génocide, je l’employerais pour qualifier le cynisme de l’État sioniste, qui prend un malin plaisir à massacrer des populations sans défense. Dans le cadre de ses opérations d’occupation, le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a annoncé que l’armée israélienne s’apprêtait à frapper un immeuble à plusieurs étages à l’intérieur de Gaza. Il ajoute : « Les portes de l’enfer se sont ouvertes à Gaza (…). Une fois les portes ouvertes, elles ne se refermeront pas et les attaques de l’armée israélienne s’intensifieront ». Cette déclaration constitue une preuve incontestable de la cruauté de l’administration Netanyahu.
Désormais, Israël s’arroge le droit de bafouer le droit international en violant allègrement l’intégrité politique d’autres États. Il mène des attaques en Libye, au Liban, au Yémen, et récemment au Qatar. Jamais, depuis 50 ans, un État n’a osé ouvrir autant de fronts en même temps. Qu’est-ce qui explique cet hégémonisme israélien ? Incontestablement, Israël n’ose lui seul prendre le risque d’attaquer des pays, sous couvert d’une « guerre préventive contre ses ennemis ». S’il a le culot d’agir de la sorte, c’est parce qu’il est assurément soutenu par les États-Unis, allié inconditionnel.
En réalité, les États-Unis sous Donald Trump ont perdu toute crédibilité sur la scène internationale. La parole de Trump ne mérite aucune considération sérieuse. N’est-ce pas lui qui affirmait, à la veille de l’agression israélienne contre l’Iran, qu’il avait ordonné à Netanyahu de ne pas l’attaquer, comme pour tromper la vigilance de l’Iran ? C’est ce même Trump, du reste versatile, qui admet avoir été averti de l’attaque de l’armée israélienne contre des dirigeants du Hamas en terre qatari, qui abrite pourtant l’une des plus importantes bases américaines au Moyen-Orient. Et hélas, il déclare sans vergogne qu’il n’est « pas content » (« I’m not happy »), se gardant bien de condamner cette impudente violation de droit international par l’enfant chéri sans marge, Netanyahu. Que vaut la parole de Trump ? Pourtant, le président trompeur – qui avait promis de régler la guerre en Ukraine en quelques jours – caresse l’obsession du « prix Nobel de la paix » depuis son second mandat. Quelle contradiction !
Au regard de la longue et historique tradition de soutien et de solidarité du Sénégal qui, depuis 50 ans (1975), préside le Comité pour la défense des droits inaliénables du peuple palestinien à l’ONU, nous enjoignons l’État à prendre des mesures fortes face au génocide sans précédent du peuple palestinien. Pour rappel, en décembre 2016, avec la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et le Venezuela, le Sénégal avait parrainé la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens. D’ailleurs, Israël avait réagi en rappelant son ambassadeur au Sénégal pour consultation et en annulant des programmes de coopération avec le Sénégal. Ce fut une posture courageuse et souveraine du gouvernement sénégalais d’alors.
Au nom de l’humanité et de la dignité humaine, il est un impératif que Benyamin Netanyahu et ses complices soient arrêtés et traduits devant la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ) pour répondre de leurs actes ignobles. Il est grand temps que tous les États épris de justice reconnaissent officiellement l’État palestinien et exigent la restitution de ses terres spoliées par Israël, afin de garantir l’intégrité et la continuité de son territoire!