Le reportage intitulé « Quelle école pour nos enfants ? » diffusé par la chaîne EvenProd et animé par le journaliste Chérif Diop propose, sur le terrain, d’examiner les différents modèles scolaires du Sénégal et les valeurs qu’ils transmettent aux jeunes. De l’école publique aux établissements privés affichant une identité religieuse marquée — islamique ou catholique — l’émission interroge le type de formation proposé aux futures générations: formation académique, morale et idéologique, dans un contexte marqué par des inégalités sociales et par des attentes élevées des parents.
Le documentaire suit quatre établissements: l’école élémentaire publique Terme Sud de Wakam, l’école privée franco‑islamique Abata School, l’école élémentaire SOS Village d’Enfants de Dakar et l’école catholique privée Présentation de Marie de Yoff. Le fil conducteur porte sur l’égalité des chances, le cadre d’apprentissage et les valeurs — discipline, vivre ensemble, religiosité, inclusion — que chaque modèle propose aux élèves.
À Terme Sud, établissement public fondé en 1949 et situé en milieu défavorisé, la direction revient sur l’image autrefois véhiculée d’« école poubelle » et sur le renouveau d’un cadre soigné et de résultats remarquables aux examens (plus de 90 % au CFE et 100 % d’entrée en 6e), malgré des classes d’environ cinquante élèves et une subvention municipale jugée insuffisante. Le reportage montre aussi le revers social: absence de cantine, de nombreux élèves arrivant en classe le ventre vide, et des enseignants expérimentés insistant sur la discipline, la qualité de la formation dans le public et le manque de suivi des élèves à domicile.
Le sujet se poursuit avec Abata School, établissement privé qui se présente comme « franco‑islamique », où le programme du ministère de l’Éducation nationale est complété par un enseignement intensif du Coran, de l’arabe et de la doctrine islamique (environ sept heures de Coran par semaine). La direction explique, au micro de Chérif Diop, vouloir articuler formation académique et formation religieuse, tout en dénonçant les retards de formation et de statut pour les enseignants du privé, alors que le ministère a annoncé l’intégration prochaine des « décisionnaires » dans la fonction publique d’ici janvier 2026.
À l’école élémentaire SOS Village d’Enfants de Dakar, EvenProd met en avant une approche axée sur la réduction des inégalités sociales: l’établissement accueille des enfants du village et des quartiers environnants, en offrant des exonérations partielles ou totales de scolarité aux familles les plus vulnérables, parfois de la maternelle au CM2. Le reportage insiste sur l’inclusion d’enfants à mobilité réduite, d’autistes ou souffrant de troubles du langage dans les classes ordinaires, ainsi que sur des résultats très élevés aux examens et dans les concours, portés par une équipe pédagogique jeune et passionnée.
Le dernier volet conduit Chérif Diop à l’école catholique Présentation de Marie de Yoff, établissement de l’archidiocèse de Dakar qui scolarise plus de 900 élèves dont environ 80 % de confession musulmane. La direction y revendique une identité catholique assumée (croix visibles dans les classes, catéchèse), tout en soulignant l’acceptation du voile islamique et l’organisation de cours de morale pour les élèves musulmans, avec un accent mis sur la tolérance, l’acceptation de la différence et le vivre‑ensemble dans un contexte sénégalais où ces valeurs restent jugées fragilisées.