Le morceau « Lima Beuga doon » (ce que je veux devenir en wolof) porte un message clair. Quatuor d’artistes sénégalais — Jahman X-press, Mia Guissé, VJ et Oumy Gueye-Omg — prend la parole pour promouvoir une meilleure présence des filles dans les sciences et les technologies.
Leurs regards se remplissent d’étoiles et elles s’imaginent déjà œuvrer dans l’espace, rêvant d’un ciel où elles piloteraient des avions. Sur le plan terrestre aussi, elles restent solidement ancrées aux champs et désirent mettre les technologies émergentes au service de l’agriculture. Elles savent aussi manifester les ordinateurs et leur autocontrôle, œuvrant à l’automatisation. Elles ne se contentent plus de rêver: elles sont déjà ce qu’elles veulent devenir.
Non, elles ne se contentent pas d’un rêve: elles affirment leur capacité d’agir par le son et l’image. Car tout cela se joue dans un clip… Le message est porté par Jahman X-press, Mia Guissé, VJ et Oumy Gueye-Omg. Cette dernière déclare (musique dans vos oreilles, s’il vous plaît) : « égalité des chances, c’est tout ce que nous demandons. Si les chances sont égales, rien ne pourra nous empêcher de réussir ».
En wolof. Il suffit alors de leur accorder la confiance nécessaire et l’on les verra transformer le monde, affirme VJ dans l’une de ses interventions. Le propos, tout entier, est inscrit dans une vidéo ornée du logo de l’Unicef et s’inscrit dans « une campagne de mobilisation sociale et de sensibilisation à travers l’art, la musique, la culture et les médias ». Cette campagne accompagne l’initiative de l’Unicef, en partenariat avec le gouvernement sénégalais et d’autres partenaires, et qui porte le nom : « Transformer l’éducation par l’autonomisation et l’accès aux Stem » (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques).
Cette action vise particulièrement les filles adolescentes issues de familles vulnérables dans les régions de Ziguinchor, Kédougou et Sédhiou. Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques constituent le fil conducteur du message mis en chant par ces quatre voix désormais reconnaissables de la scène musicale sénégalaise. Lorsqu’une jeune fille nourrit une ambition aussi haute que la Médaille Fields, Jahman X-press lui souffle à l’oreille : « mën na nékk ».
C’est possible, et vous, adolescentes, filles et femmes en devenir, vos talents ne se limitent pas à la lessive et à la cuisine (voix de Mia). Le titre Lima Beug Doon parle donc clairement de cela. Et si cette chanson est née, c’est parce qu’un constat s’impose : malgré les progrès notables en matière de scolarisation des filles au Sénégal, d’importantes inégalités persistent, notamment dans l’accès et la participation aux filières scientifiques et technologiques. Dans ce contexte, certaines qui rêvaient d’atteindre le ciel à bord d’un cockpit voient leur élan freiné, parfois avant même le décollage. Verront-elles un jour le bout du tunnel ?
En effet, les données montrent que les filles abandonnent l’école plus fréquemment, en particulier dans les zones rurales, en raison de mariages précoces, de grossesses précoces, de pauvreté, du manque d’infrastructures adaptées ou d’un environnement scolaire jugé peu sûr.
Cette marginalisation se reflète ainsi dans leur sous-représentation dans les filières scientifiques et les carrières liées aux technologies. L’initiative de l’Unicef qui a donné « Lima Beuga Doon » s’oppose à ce constat et vise à promouvoir l’éducation des filles dans les domaines Stem.
Cette chanson en quartet n’est qu’un pas sur le long chemin du progrès; le produit et le clip qui l’accompagnent seront bientôt présentés officiellement à Dakar. Par ailleurs, une tournée est envisagée dans trois villes ciblées par le projet: Ziguinchor, Sédhiou et Kédougou.