Programme vaccinal élargi : un moteur de relance

24 août 2025

Comment repositionner le Programme élargi de vaccination (Pev) au sein des soins de santé primaires ? C’est autour de cette interrogation que s’est tenu, hier, le forum organisé par le ministère de la Santé en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et de la sécurité, et placé sous l’égide du thème « Santé publique et bien-être des populations ». Ce rendez-vous, auquel ont pris part tous les gouverneurs régionaux, les professionnels de la santé, les communautés et les ménages, poursuit l’objectif de redonner de l’élan au Programme élargi de vaccination dans le pays. En effet, selon le chef du département de la Santé qui a présidé l’ouverture, le Sénégal affichait autrefois une performance élevée mais a connu une régression avec l’avènement de la pandémie de Covid-19. « Aujourd’hui, il faut véritablement envisager les modalités de relance de la vaccination à travers le Pev et son repositionnement au sein des soins de santé primaires », a affirmé Ibrahima Sy. Pour lui, la vaccination se situe parmi les piliers fondamentaux des soins de santé primaires, en particulier sur le volet préventif. C’est pourquoi les responsables administratifs et sanitaires ont été mobilisés afin de relancer le Pev et d’identifier, au niveau régional, les goulots d’étranglement et d’amener l’ensemble des acteurs à s’impliquer. Ainsi, ce forum doit permettre de dépister ces facteurs régionaux et d’élaborer, de concert avec les autorités sanitaires, les autorités administratives et les communautés, une stratégie capable de repousser les limites de la vaccination. Car, pour le ministre de la Santé, « si nous parvenons aujourd’hui à obtenir une performance satisfaisante en matière de vaccination, nous éviterons un grand nombre de maladies évitables par ce moyen ». D’ailleurs, rappelle le directeur de la Prévention, Mamadou Ndiaye, qui a exposé ce projet, le Pev assure actuellement le suivi de 13 maladies évitables par la vaccination. Sa mission première est de réduire la morbidité et la mortalité liées à ces affections évitables. À son avis, le programme a conduit à la régression de la plupart de ces maladies et même à l’éradication de certaines, notamment la variole. Cette réalité a amené le ministre de la Santé à rappeler l’importance capitale du Programme élargi de vaccination. « Ce sont des gains sur le plan des dépenses de santé, des ménages et, par ricochet, sur le développement du capital humain et l’équité sociale, car le premier capital humain, c’est la productivité. La vaccination permet de sauver des personnes qui seraient décédées ou rendues incapables de travailler », a-t-il insisté. Cependant, pour atteindre cet objectif, le gouvernement compte s’appuyer sur des facteurs économiques et financiers qui permettent d’acheter les vaccins, ainsi que sur la mobilisation des communautés afin que chacun perçoive le vaccin comme un bien collectif pour la santé. « Vacciner les enfants, c’est les sauver en les conduisant à l’école, car ils pourront demain devenir des acteurs majeurs de la vie économique et sociale du pays », a déclaré Ibrahima Sy. Les acteurs souhaitent également mettre l’accent sur les obstacles socioculturels afin de lutter contre les idées reçues et les fausses croyances autour des vaccins. Le but recherché est de démontrer les bénéfices de la vaccination. De nombreuses vies ont été sauvées grâce à la vaccination, et il importe que les citoyens en prennent pleinement conscience afin d’appréhender mieux son importance. Selon le ministre de l’Intérieur, cette rencontre revêt « une importance particulière et marque une étape majeure dans notre engagement collectif à renforcer et à adapter nos stratégies de vaccination pour répondre plus efficacement aux défis sanitaires », a souligné le Général Jean-Baptiste Tine. Il rappelle que « le Pev est un pilier important de notre système de santé ». « Il a pour vocation de protéger nos concitoyens, et en particulier nos enfants, contre des maladies potentiellement mortelles. Grâce à lui, des milliers de vies sont sauvées », a-t-il ajouté. Il a aussi insisté sur l’importance de repositionner le Pev face à l’évolution constante des maladies infectieuses et aux changements démographiques qui accompagnent la couverture vaccinale. C’est dans cette optique que les gouverneurs ont été sélectionnés pour contribuer à impulser cette dynamique au niveau régional.
« Si le ministère de la Santé porte des actions dans les régions, il ne peut les mener sans les gouverneurs. Ce sont eux qui représentent l’Administration. Et si l’administration territoriale n’est pas associée dans les actions, personne n’en assure la mise en œuvre. Ce sont eux les premiers informés et ce sont eux qui doivent aider tous les ministères à conduire leurs actions dans les régions. Ils représentent l’État », a expliqué le ministre Jean-Baptiste Tine.
À l’issue de ce rassemblement, des recommandations devraient émerger. En attendant, le gouvernement se fixe des objectifs clairs. « Il faut rappeler que les objectifs du programme sont de vacciner au moins 90 % des enfants de 0 à 23 mois ; vacciner au moins 90 % des filles âgées de 9 à 13 ans contre le papillomavirus, virus à l’origine du cancer du col de l’utérus ; et, enfin, protéger les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer contre le tétanos néonatal », explique Mamadou Ndiaye.