Procès Diddy : un suspense intense jusqu’à la dernière minute

7 juillet 2025

Le sort de Sean Combs demeure incertain. Après plus de douze heures de discussions, le jury du tribunal fédéral de Manhattan a rendu mardi une décision partielle concernant l’affaire du célèbre producteur de musique, tout en déclarant son impossibilité à se prononcer sur l’accusation principale de complot criminel organisé. La séance de délibérations doit reprendre ce mercredi matin.

Le panel, composé de huit hommes et quatre femmes, a indiqué qu’il existait, de part et d’autre, des membres du jury « avec des opinions profondément arrêtées » concernant l’accusation de complot criminel organisé (racketeering), comme le rapporte The New York Times. Toutefois, ils ont pu parvenir à une décision concernant les quatre autres chefs d’accusation portés contre lui : deux pour trafic sexuel et deux pour transport en vue de prostitution.

Sean Combs, âgé de 55 ans, a toujours maintenu sa non-culpabilité pour toutes ces accusations. Ses avocats ont également réfuté que ses actes sexuels avec les femmes impliquées dans le procès aient été non consensuels, contestant toute allégation de violence ou d’abus.

L’atmosphère dans la salle d’audience a immédiatement été marquée par la gravité de la situation. Lorsque le jury a initialement envoyé une note concernant le verdict partiel, The New York Times souligne qu’ »aucun signe de tension ou de studentilité ne se manifestait dans la salle ». Cependant, peu après, « en quelques instants, M. Combs s’est affaissé dans sa chaise. Ses huit avocats se sont regroupés autour de lui, tous affichant un visage sombre. M. Combs lui-même paraissait grave, la tête inclinée vers le bas, les mains jointes sur ses genoux ».

Ses défenseurs ont rapidement examiné la note du jury, la faisant circuler, ce qui témoigne de leur grande attention face à cette étape cruciale du procès.

Le juge exhorte à poursuivre les délibérations

Vers 16h05 mardi, le juge Arun Subramanian, en charge de l’affaire, a fait entrer le jury dans la salle d’audience pour l’inciter à continuer leurs travaux. « Je vous demande à ce stade de poursuivre vos délibérations », a-t-il simplement déclaré.

Il a relu à l’assistance une partie des instructions données aux jurés, soulignant qu' »aucun d’entre eux ne devrait renoncer à ses convictions personnelles dans le but d’aboutir à un verdict unanime ». Face à cette injonction, le jury a décidé de mettre fin à ses travaux pour la journée, pour se retrouver le lendemain matin à 9 heures.

L’accusation principale porte sur un complot criminel organisé, où Sean Combs – producteur de musique très connu aussi sous les pseudonymes de Puff Daddy ou Diddy – est accusé d’avoir dirigé durant deux décennies une organisation criminelle responsable de divers délits, selon The New York Times.

Pour que les jurés condamnent M. Combs pour ce chef d’accusation, ils doivent prouver qu’il a volontairement rejoint un réseau illégal. De plus, ils doivent établir que M. Combs ou ses co-conspirateurs ont commis au moins deux crimes pour faire progresser leur entreprise illicite. Les procureurs affirment que M. Combs et un cercle restreint de ses collaborateurs auraient commis divers délits pendant plus de dix ans, notamment la distribution de drogues, des enlèvements, des incendies criminels, des actes de corruption, des trafics sexuels, des transports interétatiques en vue de prostitution, ainsi que du travail forcé.

Accusations de trafic sexuel et de manipulation

Concernant spécifiquement le trafic sexuel, les procureurs soutiennent que M. Combs aurait exercé des pressions à travers la violence, le contrôle financier et des menaces pour forcer ses petites amies à participer à des séances sexuelles épuisantes avec des hommes recrutés à cet effet, appelées « freak-offs » ou « nights in hotel ». Ces allégations évoquent un mode opératoire destiné à exploiter ces femmes dans des activités sexuelles sous contrainte.

Une possible condamnation à perpétuité en jeu

Les deux principales femmes impliquées dans cette affaire, Casandra Ventura et une autre femme utilisant le pseudonyme « Jane », ont témoigné durant un total de dix jours. La défense a soutenu tout au long du procès que ces femmes étaient de leur propre volonté à prendre part à ces sessions sexuelles marathon.

Depuis son arrestation en septembre dernier, M. Combs reste en détention. En cas de condamnation sur les chefs d’accusation les plus graves, il pourrait encourir la prison à vie.

Après la sortie du jury pour la journée, M. Combs a tourné son regard vers ses proches, assis dans la salle. Il leur a adressé un baiser, puis a placé la main sur son cœur. Selon The New York Times, sa mère s’est levée pour lui chuchoter quelques mots. « Je vais bien aller », lui a-t-il répondu, lui disant également : « Je t’aime. »

Les nouvelles délibérations sont programmées pour mercredi matin. L’attente est à son comble dans l’univers du divertissement autant que parmi ses proches, car le verdict final pourrait à jamais bouleverser le parcours de l’un des artistes et hommes d’affaires les plus influents de l’industrie musicale américaine.