Le Port régional de Kaolack retrouve progressivement une animation qu’il n’avait plus connue depuis longtemps. En début de semaine, ses trois postes à quai opérationnels affichent complet, avec la présence simultanée de trois navires de 2.500 à 3.000 tonnes, engagés dans des opérations commerciales.
Kaolack – Le port de Kaolack retrouve des couleurs. Pour la première fois depuis des années, l’intégralité de ses quais est occupée, signe encourageant de la reprise des activités portuaires.
Les navires présents déchargent des marchandises destinées au Mali. À l’issue de ces opérations, ils vont embarquer du sel à destination de plusieurs ports de la sous-région, notamment celui d’Abidjan. Ces rotations s’inscrivent dans le cadre de lignes régulières, avec des escales hebdomadaires à Kaolack. Sur les terre-pleins également, l’activité reprend. Marchandises, engins de manutention et dockers mobilisés donnent au site une véritable physionomie portuaire. Cette dynamique fait suite à plusieurs escales remarquées, notamment celle d’un navire de croisière en provenance des États‑Unis, puis du bâtiment de guerre de la Marine nationale, le Fadiouth.
Cette reprise ne doit toutefois pas masquer les contraintes liées à la navigation sur le Saloum. Il y a une semaine, un navire s’est échoué près de Lyndiane, à environ cinq kilomètres du port. Un incident qui rappelle l’urgence du dragage de la voie navigable, indispensable pour sécuriser la navigation et permettre l’accueil de navires de 5.000 à 7.000 tonnes. Pour Abdoulaye Sogue, responsable du Port régional de Kaolack, relevant du Port autonome de Dakar (Pad), cette opération devrait figurer parmi les priorités du programme d’investissements prévu dans le cadre de la célébration de la fête de l’Indépendance à Kaolack, en 2029.
Annoncée par le Président de la République lors du Conseil des ministres du 13 octobre dernier, cette échéance représente une opportunité pour inscrire le dragage du Saloum parmi les projets structurants de la région.
Au-delà de cette occupation exceptionnelle des quais, l’enjeu est économique et stratégique. Le Port régional de Kaolack ambitionne de jouer pleinement son rôle de plateforme complémentaire à celle de Dakar, en contribuant à sa décongestion et en offrant une alternative logistique aux opérateurs économiques. Sa position géographique constitue un atout pour capter davantage de trafic à destination du Mali et desservir les régions du centre et de l’est du Sénégal.
« Elle confirme que le Port de Kaolack dispose d’une capacité opérationnelle et d’un potentiel de développement qui méritent d’être davantage valorisés au service de l’économie nationale et des échanges sous-régionaux », s’est réjoui Abdoulaye Sogue. Il a également salué les efforts de la nouvelle équipe portuaire et de l’armateur national CSTTAO.
Ancien deuxième port de l’Afrique-Occidentale française (Aof), Kaolack entend renouer avec son prestige commercial. Depuis 2023, ses infrastructures portuaires sont gérées par le Port autonome de Dakar, une intégration qui ouvre de nouvelles perspectives, à condition de consentir les investissements nécessaires, notamment le dragage du Saloum.