Actrice de formation qui s’est ensuite orientée vers le métier de maquilleuse professionnelle, Patricia Correa évolue depuis plus de cinq années dans les domaines de la beauté et de l’image. Du défilé à la scène, elle a édifié son parcours par la passion, la pratique et les rencontres, donnant lieu à une mise au point sur le travail des spécialistes du teint et des multiples carnations.
Initialement actrice sous les projecteurs, elle s’est ensuite tournée vers les pinceaux. Patricia Correa, c’est son nom, a progressivement construit son univers autour du maquillage professionnel. Son rapport à cet art s’est construit au fil du temps et des expériences.
Habitée par les séances photo, les podiums et les préparations beauté, elle observe sans cesse le travail des maquilleurs qui l’accompagnent. Elle a éprouvé l’envie de comprendre ce métier pour pouvoir l’exercer à son tour. C’est ainsi qu’elle intègre l’African makeup academy.
Plus d’un demi-siècle plus tard, le maquillage s’impose comme une activité à part entière et un médium d’expression artistique. « Pour moi, maquiller ne se résume pas à embellir. Un visage peut porter une histoire, véhiculer une émotion et même donner vie à un personnage », confie-t-elle.
Son premier grand projet professionnel marque un tournant décisif. « Mon premier grand défi a été d’assumer le rôle de cheffe maquilleuse sur un ensemble de quatre courts métrages. C’était une envergure nouvelle pour moi et une expérience extrêmement enrichissante », confie-t-elle. Selon elle, sur un tournage, le travail ne s’arrête pas une fois le dernier pinceau rangé.
Le travail démarre bien avant la prise et se prolonge entre les scènes, entre les retouches urgentes et les changements de looks. « Une journée débute souvent très tôt et demande une grande organisation. Je prépare les comédiens avant le début des prises, puis je reste à disposition pour les retouches, la continuité du maquillage et les changements de scènes. Il faut être attentif, rapide et capable de s’adapter au rythme du plateau », précise-t-elle.
Cependant, elle précise que le maquillage évolue selon les secteurs et impose ses propres règles. À la télévision, elle privilégie généralement une esthétique naturelle et soignée. En publicité, tout dépend du produit et de l’image recherchée. « Pour une série, la continuité revêt une importance centrale. Le visage doit demeurer cohérent d’une scène à l’autre. Il faut donc bien appréhender le scénario et les personnages avant le tournage, même lorsque les séquences sont tournées dans un ordre différent de celui du récit », précise-t-elle.
Selon elle, la préparation est donc primordiale. Avant de maquiller un interprète, elle observe sa peau, sa texture, sa carnation et ses besoins. Elle pense ensuite au personnage, à la scène et à la lumière. « Il faut que le maquillage serve réellement le rôle et l’univers du film, sans prendre le pas sur l’histoire. Le geste doit rester discret tout en contribuant pleinement à ce que ressent le spectateur », affirme-t-elle.
Cette quête passe aussi par un dialogue constant avec les autres professionnels. Pour Patricia Correa, le cinéma offre un terrain particulièrement fertile pour la créativité. Réalisateurs, stylistes, photographes et équipes lumière co-construisent l’image finale. « Le court-métrage Borom Bakh m’a particulièrement sollicitée sur le plan créatif. J’ai dû concevoir le maquillage d’un djinn, et le projet me demandait d’imaginer une solution pour produire une grande quantité de sang artificiel. J’ai mené recherches, expérimenté et relevé le défi. Le résultat a même surpris le réalisateur », raconte-t-elle.
Ces expériences alimentent une grande ambition chez Patricia, qui rêve de devenir une maquilleuse reconnue à l’échelle internationale, notamment dans le domaine de la mode et du cinéma. « Avec ce métier, j’aimerais prendre part à de grandes productions, collaborer avec des artistes et des maisons de renom. J’ambitionne aussi d’aller plus loin dans la création d’images et dans la réalisation, car tout ce qui touche à l’univers artistique me passionne », souligne-t-elle.