Dans les départements de Ziguinchor et Bignona, les chauffeurs de moto-taxis Jakarta pourraient prochainement changer de véhicule et surtout de statut professionnel. Grâce au Projet d’appui à l’écomobilité et à l’entrepreneuriat des jeunes (PAEEJ), l’ANPEJ et le PNUD visent à transformer ce secteur longtemps informel en une activité professionnelle mieux structurée, plus sûre et génératrice d’emplois décent pour les jeunes.
ZIGUINCHOR – Lancement jeudi à Ziguinchor lors du Comité régional de développement (CRD), le PAEEJ prévoit d’expérimenter une approche innovante de la mobilité dans les départements de Ziguinchor et Bignona, avec 50 postes directs envisagés pour la phase pilote, dont 30 % réservés aux jeunes femmes. Le dispositif s’articule autour de motos électriques plus robustes et d’un accompagnement global visant à professionnaliser les bénéficiaires, âgés de 18 à 35 ans.
« Le PAEEJ s’inscrit dans une ambition qui est à la fois économique et environnementale. Après les résultats particulièrement encourageants enregistrés lors des phases tests à Matam et Mbour, nous voulons désormais créer en Casamance des emplois décents et durables, tout en apportant une réponse concrète aux enjeux de protection de l’environnement et aux vulnérabilités des territoires », a déclaré Emmanuel Diédhiou, secrétaire général de l’ANPEJ.
Il précise aussi que ce mécanisme doit permettre aux bénéficiaires de sortir progressivement de la précarité liée à l’informalité pour intégrer un cadre professionnel davantage protecteur. Le projet entend également s’attaquer à la question de la sécurité routière. Latyr Ndiaye, préfet du département de Ziguinchor, qui présidait la rencontre au nom du gouverneur Mor Talla Tine, souligne que le PAEEJ apporte une réponse à trois préoccupations majeures.
« Nous sommes face à une initiative qui touche simultanément à l’emploi, à la protection de l’environnement et à la sécurité routière, avec l’ambition de réduire fortement les accidents liés à l’activité des conducteurs de moto-taxis Jakarta », a-t-il relevé.
A lire aussi : Ziguinchor – une étude met en lumière l’ampleur des vulnérabilités féminines dans les zones de retour
Pour le PNUD, partenaire de l’initiative, la jeunesse doit être au centre des transformations économiques et sociales. « Notre jeunesse constitue une force considérable, mais elle reste confrontée à de nombreux obstacles. L’objectif est donc de mettre en place, en Casamance, des solutions durables, inclusives et réellement adaptées aux besoins des jeunes », a indiqué Fatou Bintou Sonko, la représentante du PNUD lors de cette réunion.
Chez les jeunes, l’initiative suscite déjà de l’intérêt. Président du Conseil consultatif des jeunes du département de Ziguinchor, Baboucar Diatta appelle ses pairs à saisir cette opportunité.
« Nous considérons ce projet comme une véritable chance. Les expériences conduites à Matam montrent que certains jeunes peuvent dépasser 100 000 francs CFA de revenus mensuels. Nous devons donc nous mobiliser pour nous approprier cette initiative et faire du transport un secteur formel », a-t-il plaidé.
À terme, le PAEEJ veut faire de la mobilité durable non seulement un outil de réduction de l’empreinte environnementale, mais aussi une porte d’entrée vers des emplois plus stables, mieux protégés et plus dignes.