Tout a commencé devant un écran de télévision, lors d’un match du Werder Brême, et les maillots de ce club ont tout de suite séduit le jeune Oumar Charif Ndao. Des décennies plus tard, ce coup de cœur s’est mué en livre, dans lequel le journaliste sportif replonge dans ses souvenirs d’enfance.
Oumar Charif Ndao a tourné la page des rédactions, sans pourtant renier sa plume. Après « La lutte sénégalaise au-delà des millions et des passions », il publie « Ma passion pour le Werder Brême » aux Éditions Salimata. L’ouvrage a été présenté et dédicacé samedi dernier, en présence de l’ambassadeur d’Allemagne au Sénégal, Kai Baldow.
Chargé de le présenter, le journaliste Charles Faye a mis en valeur sa densité. «Ce livre compte 76 pages, trois chapitres. Ce n’est pas beaucoup, me direz-vous, mais quelle densité et quelle intensité dans les lettres et dans les émotions !» Des figures majeures du Werder, telles qu’Otto Rehhagel ou Thomas Schaaf, y sont évoquées, mais c’est la passion qui sert de fil conducteur.
Tout part d’un premier match aperçu à la télévision. « C’était le Werder. J’ai dit à mon père : “Là, écoute, je vais soutenir cette équipe.” » Il lui a demandé : « Pourquoi ? Tu as des parents en Allemagne ? » Et il a répondu : « Non, mais ils ont de beaux maillots. » Et puis, tout s’est engagé ainsi », se rappelle-t-il avec le sourire.
À la maison, entouré de supporters du Bayern, il a souvent vécu les défaites du Werder sur un terrain hostile, sans jamais fléchir. Sa revanche la plus marquante remonte à 2004, année où le club remporte le doublé championnat-Coupe d’Allemagne. « En 2004, quand j’ai remporté le doublé, j’ai battu le Bayern à quatre reprises. C’était le plus beau cadeau que le Werder puisse nous offrir. »
Pour l’auteur, le Werder incarne un modèle fondé sur la formation et la proximité avec les supporters, un club qui a construit son identité sans recourir à des recrutements lourds. Mais il représente surtout un lien avec son enfance aux Hlm. « Autant c’est le Werder de Brême, autant c’est notre enfance. Ce que nous avons vécu, toutes les familles qui vivent dans le quartier, tout cela est dans ce livre. » L’ancien journaliste de Stades et de WalfSports y fait revivre plusieurs générations de sportifs du quartier, et le club devient le prétexte pour raconter une époque et une communauté. Il nourrit aujourd’hui un autre rêve. « Je voudrais que le club vienne créer une académie au Sénégal, afin de pouvoir exploiter aussi notre vivier. Il y a de jeunes talents qui ne demandent qu’à éclore au niveau professionnel », plaide-t-il.
Son éditeur, Seydi Sow, directeur général des Éditions Salimata, a salué un auteur « passionné de sport » qui, après la lutte, « glisse vers le football » avec « une passion particulière pour l’Allemagne ». Kai Baldow a quant à lui évoqué « un excellent livre » qui « crée un pont entre nos deux pays ».
Plus qu’un simple ouvrage sur un club allemand, « Ma passion pour le Werder Brême » est le récit d’une fidélité et d’une enfance qui, des décennies après, continue de nourrir la plume d’Oumar Charif Ndao.