La quatrième édition de la Grande Nuit de la littérature sénégalaise s’est tenue le 26 décembre à Dakar. Elle a réuni écrivains, éditeurs et lecteurs autour d’un même engagement : célébrer le livre et ceux qui le font vivre.
Sous les lustres feutrés de l’hôtel Noom (ex Radisson), la littérature sénégalaise s’est offerte, vendredi 26 décembre, une nuit de faste et de reconnaissance. Dans une salle rayonnante de rouge et de blanc, les invités, finalistes et passionnés du livre ont revêtu leurs plus beaux atours, illuminant l’événement par des sourires sincères et des regards chargés d’émotion. La Grande Nuit de la littérature sénégalaise, méticuleusement orchestrée par le cénacle des jeunes écrivains du Sénégal, s’est ouverte sur une allocution du président Saliou Diop Cissé, dont le discours inaugural a fixé les cadres de cette célébration solennelle.
La cérémonie s’est poursuivie avec la leçon inaugurale du professeur Massamba Guèye, dont les propos, alliant profondeur et clairvoyance, ont exploré non seulement la richesse de la création littéraire mais aussi les enjeux contemporains qui la traversent, notamment l’impact de l’intelligence artificielle sur le monde de l’écriture. Il a rappelé l’attitude que doit adopter l’écrivain face à cet outil, afin d’éviter une paresse intellectuelle.
L’ambiance calme et chaleureuse invite à l’écoute et à la réflexion. Le directeur du livre et de la lecture Ibrahima Lô a pris la parole pour rappeler que la littérature n’est pas seulement un art, mais un véritable acte de souveraineté. « Chaque livre publié est un acte de résistance et d’affirmation », affirme-t-il. Il encourage ainsi chacun à prendre la plume, en s’appuyant sur la parole d’Alioune Badara Beye : « La liberté véritable commence par la maitrise de notre propre récit ». Il conclut en soulignant que de telles manifestations contribuent à tracer les contours de notre patrimoine humanitaire de demain, faisant du livre un vecteur de mémoire et d’héritage.
La marraine de l’événement, Fatima Raymonne Habré, éditrice et fondatrice du Carré Culturel, a insisté sur la place essentielle du livre africain et sur la nécessité de sa promotion et de son respect à travers le monde. Elle a également souligné le rôle déterminant des éditeurs dans la diffusion et la vulgarisation de la production littéraire africaine. Mme Habré a laissé ce message crucial : « la littérature africaine ne doit pas seulement être produite, mais reconnue et portée avec dignité à l’échelle internationale ».
La cérémonie s’est conclue par l’annonce des résultats. Le Prix Cénacle national du livre, catégorie Roman, a été attribué à Falia pour son œuvre La petite maison à la porte bleue, tandis qu’Omar Dabo a triomphé dans la catégorie Poésie pour son recueil Mes errances confinées.
La quatrième édition de la Grande Nuit de la littérature sénégalaise a introduit une innovation majeure : Littérature Awards, une section qui regroupe quatre prix afin de donner davantage de voix et de reconnaissance aux acteurs et passionnés du livre et de la lecture. Le Prix Littérature et Médias a été attribué au magazine Sénégal Njaay, dirigé par Babacar Korjo Ndiaye. Le Prix Innovation a été décerné au concours Miss Littérature, piloté par Salamata Ousmane Diallo. Le Prix Initiative et Terroirs est revenu au Salon International du Livre de Thiès, initié par Moustapha Ndéné Ndiaye. Et le Prix du Lecteur a été attribué à Coumba Coulibaly.
Les deux lauréats des catégories classiques ont reçu chacun un chèque d’un million de francs CFA, accompagné de leurs trophées et attestations.
Les quatre protagonistes distingués dans les Awards littéraires ont pour leur part bénéficié d’une dotation individuelle de 250 000 francs CFA.
Par ces distinctions, le président du cénacle réaffirme son engagement en faveur de la promotion du livre et du soutien aux auteurs.