Nous restons debout, déterminés et résilients

22 août 2025

Visé par des mesures punitives américaines dans sa fonction de procureur adjoint à la Cour pénale internationale (CPI), le juge sénégalais Mame Mandiaye Niang s’est exprimé pour la première fois dans une interview exclusive accordée à Emedia. Rejoint à La Haye par le directeur général du groupe, Alassane Samba Diop, le magistrat a affiché une posture résolue face à ce qu’il considère comme une attaque visant son travail au service de la justice.

« Je reste serein en ayant le sentiment que je ne fais que mon travail », a-t-il déclaré, affirmant éprouver « le soutien fort » de l’ensemble du pays, de ses autorités et de ses citoyens. Conscient de la nature de sa mission, il précise : « En tant que magistrat, je sais qu’il est dans l’essence de ma fonction de contrarier des personnes, surtout les plus puissantes. J’ai appris à faire face à cela. »

Mais lorsque l’on parle des États-Unis, la dimension prend une tournure tout à fait différente. Le juge Niang décrit l’étendue concrète des mesures : gel des actifs accessibles depuis les États-Unis, suppression des visas, retrait des cartes bancaires associées aux réseaux Visa, Mastercard ou American Express. « Toute institution dans le monde qui réalise des transactions en dollars ou avec les États-Unis est sommée d’arrêter de vous offrir des services sous peine de sanctions. Cela peut être terrible », prévient-il, ajoutant que des menaces émaneraient aussi de certains services secrets.

Malgré cette pression, le magistrat sénégalais ne cède pas : « Nous resterons debout et nous servirons la justice pénale internationale comme nous l’avons fait pour la justice de notre pays. » Il conclut avec une certaine force : « Si l’on ne fait pas face malgré les difficultés, ce sera le règne absolu de la tyrannie. Et cela, ce n’est pas acceptable. »