Des chants, une ferveur débordante et un esprit de recueillement ont rythmé, le 25 décembre, la messe de Noël à la cathédrale Saint Antoine de Padoue de Ziguinchor. Dans une église lumineuse, les fidèles ont célébré la venue du Sauveur. L’abbé Eugène Diatta a prononcé un message fort, appelant à la réconciliation, à la paix et au respect de toute vie humaine.
ZIGUINCHOR – Dès les premières heures de la matinée, un flux ininterrompu de croyants se rend vers la cathédrale Saint Antoine de Padoue, église mère du diocèse de Ziguinchor. En ce jour de Noël, la solennité de la Nativité attire un grand nombre de paroissiens venus communier dans la joie et l’espérance. À l’intérieur du bâtiment, récemment modernisé par l’État, chaque rangée est occupée.
Le silence, ponctué par des murmures de prière, témoigne de l’intensité de l’instant. À droite de l’autel, un espace soigneusement aménagé retient l’attention de tous. La crèche y est installée avec délicatesse, représentant la Sainte Famille de Nazareth, avec l’enfant qui vient au monde à Bethléem. Une lumière douce s’en dégage, évoquant la naissance du Messie, ce « noble descendant » du roi David, venu au monde dans l’humilité. L’Enfant Jésus, couché dans la mangeoire, est entouré par des bergers venus l’adorer, rappelant le mystère d’un Dieu qui choisit la pauvreté pour se révéler aux hommes.
À huit heures précises, la chorale du renouveau charismatique entonne l’hymne d’entrée. Les voix montent, puissantes et harmonieuses, emplissant la cathédrale d’une atmosphère festive et solennelle. L’équipe liturgique s’avance vers l’autel, marquant l’ouverture officielle de la messe de Noël, célébrée dans toutes les communautés catholiques du monde. Dans son homélie, l’abbé invite les fidèles à réfléchir au sens profond de la Nativité. Le jeune prêtre rappelle que la naissance de Jésus-Christ est un message vivant adressé à l’humanité.
« En célébrant l’arrivée de Jésus-Christ, Dieu s’adresse à nous par la naissance de l’Emmanuel, celui qui demeure avec nous. Dans le calme profond de la nuit (mercredi 24 décembre), nous avons revécu cet événement unique : le Fils de Dieu est né à Bethléem, cité de David, choisissant simplicité et précarité », souligne le religieux. Pour lui, Noël ne peut se limiter à une simple commémoration ; il doit se traduire en gestes concrets. « À l’exemple de Jésus, nous sommes appelés à faire germer l’amour dans nos cœurs, à effacer la rancœur et à oser la réconciliation. L’amour ne détruit pas, il guérit. La joie de Noël prend tout son sens lorsque l’enfant de Bethléem demeure vivant en nous », exhorte-t-il.
Poursuivant son message, le prêtre insiste sur la responsabilité du chrétien face aux réalités du monde. « Au cœur de nos succès, comme de nos joies, nous devons offrir au Seigneur les dons qu’il attend : être des artisans de paix et de justice. Il nous faut rester sensibles à la souffrance de nos frères et sœurs et, à l’exemple du Christ, reconnaître et respecter la valeur sacrée de toute vie humaine », recommande-t-il d’un ton empreint de gravité. Dans la cathédrale, les visages témoignent d’une émotion profonde. Les chants, les prières et les paroles de l’officiant résonnent comme un appel à vivre Noël au-delà du 25 décembre.