Dans le sud-est du Nigeria, une opération de sauvetage délicate est en cours. Environ une vingtaine de jeunes diplômés ont été enlevés jeudi 1er octobre dans l’État d’Imo, alors qu’ils se dirigeaient vers leurs postes pour le National Youth Service Corps, selon RFI.
Les personnes capturées sont des étudiants issus d’universités du sud-ouest du pays, affectés dans le sud-est pour ce service civique d’une durée d’un an. Ce dispositif est obligatoire pour les diplômés nigérians avant leur entrée sur le marché du travail et doit être effectué dans un État différent de leur région d’origine.
D’après les familles, relayées par des médias locaux, les ravisseurs les auraient contactés par appels vidéo. Ils réclameraient jusqu’à 50 millions de nairas par otage, soit environ 33 700 euros.
Les forces de sécurité, déployées en grand nombre, ont retrouvé la trace des otages. Une dizaine d’entre eux a pu être secourue, puis les agents ont poursuivi les ravisseurs jusqu’à leur cache, dans la forêt d’Umunoha. Mais une intervention immédiate n’a pas été possible. Un repérage par drone a montré que le camp était « truffé d’engins explosifs improvisés », a indiqué ce week-end le commissaire de police de l’État.
Pour libérer les otages sans les mettre en danger, les autorités envisagent donc l’usage de véhicules blindés et de bulldozers, a précisé le commissaire.
Cet enlèvement survient alors que les forces nigérianes sont sollicités sur plusieurs fronts. Le nord-est reste marqué par l’insurrection jihadiste, affaiblie mais étendue au nord-ouest et au centre. Des groupes de « bandits », connus pour leurs enlèvements de masse et leurs « taxes » imposées aux agriculteurs, y opèrent aussi. Le centre du pays connaît en outre des conflits fonciers violents entre agriculteurs et éleveurs, et le sud-est abrite un mouvement séparatiste.