Niafrang et la Casamance s’opposent à l’exploitation du zircon

6 septembre 2025

Les habitants de Niafrang ont réaffirmé hier, lors d’un point de presse, leur rejet ferme du projet d’exploitation du zircon et ont sollicité l’appui de l’État du Sénégal ainsi que des partisans de justice pour mettre fin à cette initiative.

Niafrang persiste dans son opposition à l’exploitation du zircon découvert sur ses terres. Les résidents du village se sont exprimés hier lors d’une conférence de presse pour alerter, dénoncer et confirmer leur refus catégorique du projet minier. «Depuis plus de vingt ans, notre localité se tient debout face à ce projet et contre toutes les formes d’intimidation, de menaces, d’agressions verbales et physiques. Notre résolution demeure inchangée: jamais nous n’accepterons ce projet destructeur», a déclaré Ousmane Sané. Récemment, poursuit le président du Comité de lutte contre l’exploitation du zircon, le village a reçu une délégation qui se présentait comme un cabinet-conseil mandaté par la société G-Sand, venue procéder à une étude environnementale et sociale. «Nous savons tous que ce type d’étude biaisée sert uniquement à préparer le terrain pour l’exploitation du zircon. Nous affirmons avec force que le village de Niafrang ne participera à aucune évaluation environnementale qui validerait ce projet», avertit le président du comité. «Déjà, nous subissons les retombées de l’exploitation à Abéné. Notre seul puits d’eau potable est devenu rougeâtre et inutilisable. Les habitants n’ont plus accès à une eau saine», précise M. Sané. Pour lui, les droits fondamentaux à la vie, à la santé et à un environnement sain, garantis par la Constitution du Sénégal et renforcés par l’article 25, alinéas 1 à 3 depuis 2016, sont bafoués. «Malgré nos nombreuses plaintes suite à des agressions dont ont été victimes des habitants de Niafrang, aucune enquête ni interpellation n’a été menée jusqu’à présent. Ce silence complice de l’État est difficile à comprendre», déplore Ousmane Sané. Selon lui, G-Sand serait «incapable» de rétablir les écosystèmes malgré ses engagements de reboisement. Après avoir contesté l’étude d’impact réalisée par Astron, Niafrang a entrepris ses propres démarches et, avec l’appui technique de professeurs d’université, a élaboré une étude alternative axée sur le développement durable pour le village. Niafrang appelle l’État du Sénégal à le soutenir dans sa lutte pour la protection de son environnement et de ses droits fondamentaux.
«Ériger Niafrang en zone de protection minière, conformément au Code des mines, et mettre fin à toute tentative d’imposer ce projet qui mettrait à mal nos forêts, nos ressources et nos vies», a plaidé M. Sané.