À Ndingler, située dans la commune de Ndiaganiao, près de Thiès, le moment est désormais dédié à l’agriculture. Après de longues années marquées par des tensions foncières, une mission technique conjointe du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (Masae) et du Génie militaire s’est rendue hier sur place afin de préparer la remise en valeur de 80 hectares destinés à 39 familles. L’objectif recherché est de convertir ce cadre de tension foncière en une réalité productive, génératrice de revenus et d’opportunités économiques pour les communautés concernées.
Cette évolution sur le dossier s’est produite au début de l’année 2026, lorsque Babacar Ngom a volontairement renoncé au titre foncier concerné au profit de l’État du Sénégal, et sans demande de contrepartie. Cette décision ouvre une nouvelle étape axée sur la mise en valeur effective des terres. La mission dépêchée par le Masae, en collaboration avec le Génie militaire, a pour objectif de franchir cette étape, rappelle un communiqué reçu hier, vendredi 25 septembre.
Pour évaluer l’état des 80 hectares et identifier les contraintes qui pourraient freiner leur remise en valeur, des travaux de reconnaissance ont été menés par les équipes techniques. La délégation, qui s’est rendue sur le terrain, regroupait plusieurs cadres et experts, parmi lesquels Youssoupha Guèye, coordonnateur du Programme des coopératives agricoles communautaires, le conseiller technique du Masae et point focal du ministère des Forces armées, le colonel Wardini, ainsi que des représentants de l’Institut national de pédologie (Inp), de l’Ancar, des projets et programmes du Masae et du Génie militaire, dirigé par le colonel Biaye.
La présence du Génie militaire est notamment destinée à apprécier les moyens mécanisés nécessaires à l’exécution des travaux lourds qui s’imposent. Parmi les opérations envisagées figurent le débroussaillage, le dessouchage, le nivellement, le décompactage et l’ameublissement des sols. Avant toute intervention, la sécurisation physique et administrative du périmètre demeure une priorité absolue. Il s’agit de procéder à une délimitation précise des 80 hectares, à la matérialisation des limites et à la vérification de l’existence d’un plan cadastral fiable afin d’éviter tout nouveau malentendu et de garantir l’affectation des parcelles aux familles bénéficiaires. Cette étape devra être suivie des travaux d’aménagement proprement dits.
Le dimensionnement des opérations permettra d’établir avec précision les engins nécessaires, le nombre d’équipes, les délais et les ressources logistiques à mobiliser. Toutefois, la remise en culture ne pourra être durable que si des investissements complémentaires viennent soutenir le projet. La sécurisation du périmètre par une clôture et, surtout, l’accès à l’eau constituent deux conditions essentielles à la viabilité économique du programme. La perspective prévoit la réalisation de forages et l’installation d’un réseau de distribution d’eau adapté.
L’objectif est également de réduire la dépendance à l’hivernage et, sous réserve des résultats des études hydrogéologiques, de permettre une diversification des productions et une activité agricole plus régulière. Le choix des cultures sera adapté aux caractéristiques des sols, à la disponibilité en eau et aux capacités des producteurs. Les cultures pluviales traditionnelles, notamment le mil, l’arachide, le maïs et le niébé, pourraient constituer une base initiale pour démarrer l’exploitation.
Par ailleurs, le maraîchage et certaines activités d’élevage pourraient compléter le dispositif lorsque les conditions techniques et économiques seront réunies. Babacar Dionne, porte-parole du chef de village, a salué cette démarche de terrain, estimant qu’elle permettra aux services de l’État de constater directement les besoins et d’œuvrer avec les populations à leur résolution.