Avec un record de dix représentants, l’Afrique a vécu un Mondial 2026 au visage contrasté : une visibilité accrue sur la scène internationale, portée par le nouveau format à 48 équipes, mais aucune nation du continent n’a atteint le dernier carré. Après la défaite 0-2 du Maroc, jeudi, le continent quitte néanmoins la compétition en affichant une certaine fierté, porteur d’enseignements importants pour les années à venir.
Aucune nation africaine n’a franchi les portes du dernier carré du Mondial 2026 organisé par les États‑Unis, le Mexique et le Canada. Toutefois, le continent peut se féliciter d’un record de dix pays qualifiés, d’un Maroc qui demeure au sommet du football africain, d’une Égypte qui a frôlé l’exploit, et des belles histoires comme le Cap-Vert et la Rd Congo, qui témoignent de la progression du football africain et nourrissent déjà les ambitions du cycle suivant.
Maroc et Égypte, les élèves les plus aboutis
Le Maroc demeure, une fois de plus, l’exemple le plus abouti du football africain. Après avoir écarté le Canada 3-0 en huitièmes, les Lions de l’Atlas sont devenus la première nation africaine à atteindre les quarts de finale d’une Coupe du monde à deux reprises, démontrant que leur étonnante épopée de 2022 au Qatar (demi‑finale) n’était pas un coup d’éclat isolé. Solides défensivement grâce à Yassine Bounou, qui a encore été déterminant en repoussant même un penalty de Kylian Mbappé, les Marocains se sont finalement inclinés 2-0 face à la France en quart, sur des buts de Mbappé et Dembélé. L’Égypte n’est pas en reste. Les Pharaons, qui n’avaient plus atteint les huitièmes de finale depuis 1934, ont vécu l’un des scénarios les plus intenses du tournoi face à l’Argentine, championne du monde en titre. Fonctionnant par moments à deux coups d’éclat, les Égyptiens ont pris une avance de 2-0 grâce à Yasser Ibrahim et Mostafa Zico, avant de craquer dans le money-time : l’Albiceleste est revenue avec des réalisations de Cristian Romero, Lionel Messi et Enzo Fernández dans les dix dernières minutes, et a fini par s’imposer 3-2.
Côte d’Ivoire, peut mieux faire
La Côte d’Ivoire a connu une déception similaire, mais dans un cadre plus restreint. Pour leur tout premier duel à élimination directe de l’histoire des Éléphants, la formation ivoirienne s’est inclinée 2-1 face à la Norvège au stade des seizièmes de finale, malgré l’égalisation d’Amad Diallo. Erling Haaland, auteur de son cinquième but du tournoi, a asséné le coup fatal à quatre minutes du terme. Compte tenu de la qualité de l’effectif et des prestations livrées tout au long de la compétition, l’équipe dirigée par Emerse Faé pouvait légitimement viser davantage.
Le Sénégal : que de regrets
Rarement une défaite ne peut laisser un goût aussi amer. Championne d’Afrique en titre, l’équipe sénégalaise a elle aussi chuté en seizièmes, mais dans des circonstances particulièrement cruelles. Les Lions menaient 2-0 face à la Belgique jusqu’à la 85e minute, grâce à un but d’Ismaïla Sarr et à une réalisation d’Habib Diarra. Mais les Diables Rouges ont opéré l’un des retours les plus spectaculaires du tournoi : deux buts en l’espace de trois minutes (Lukaku puis Tielemans) pour arracher la prolongation, avant qu’un penalty litigieux transformé par Tielemans à la 125e minute ne scelle la qualification belge (3-2 après prolongation). Sur l’ensemble de la compétition, le Sénégal a enregistré trois défaites en quatre matchs et neuf buts encaissés, un bilan décevant pour une formation qui avait longtemps été considérée comme la meilleure du continent.
Cap-Vert et Rd Congo : les belles histoires
Le Cap-Vert s’est imposé comme l’une des révélations majeures de ce Mondial. Pour leur toute première participation, les Requins Bleus ont tenu tête à l’Espagne (0-0), puis à l’Uruguay, et ont mis l’Argentine en difficulté en les poussant jusqu’aux prolongations en seizièmes de finale (défaite 3-2 après prolongations). Le gardien Vozinha, âgé de 40 ans, a été l’un des grands artisans de ce parcours, multipliant les arrêts décisifs tout au long de la compétition, notamment face aux Espagnols.
La Rd Congo, de retour sur la scène mondiale après 52 ans d’absence (1974, alors Zaïre), a aussi marqué les esprits en atteignant les seizièmes de finale pour la première fois de son histoire. Les Léopards ont même contesté le Portugal en phase de groupes et ont pris l’avantage face à l’Angleterre grâce à un but précoce de Brian Cipenga, avant de céder 2-1 sur un doublé tardif de Harry Kane. La Tunisie, quant à elle, termine dernier du groupe. À l’inverse, la Tunisie a vécu un Mondial 2026 à oublier, étant la seule sélection africaine éliminée dès la phase de groupes, sans parvenir à se qualifier pour les seizièmes de finale. Les Aigles de Carthage ont subi trois revers : 1-5 face à la Suède, 0-4 contre le Japon et 1-3 devant les Pays‑Bas.