Le patron de la Fifa Gianni Infantino a assuré mercredi que le président américain Donald Trump lui avait promis, lors d’un entretien mardi soir, d’accueillir la sélection iranienne au Mondial de football cet été (11 juin-19 juillet).
Durant ces échanges, le dirigeant italo-suisse a indiqué que l’équipe iranienne serait bien évidemment la bienvenue pour disputer le tournoi sur le territoire américain, coorganisateur du rendez‑vous avec le Mexique et le Canada, selon son message publié sur Instagram.
Les affirmations de Donald Trump faites à Gianni Infantino ont été confirmées mercredi par la Maison Blanche.
Pour la première fois, Infantino a évoqué « la situation en Iran » dans le cadre de ses discussions avec le président américain, sans préciser que l’incertitude autour de la venue de la « Team Melli » était liée aux frappes américano-israéliennes du 28 février sur le pays.
Placée dans le groupe G, l’Iran doit disputer ses trois matches du premier tour contre la Belgique, l’Egypte et la Nouvelle‑Zélande sur le sol américain (deux rencontres à Los Angeles et une à Seattle), et son camp de base durant le tournoi devrait être installé à Tucson (Arizona).
Quelques heures avant le message du patron de la Fifa, Ahmad Doyanmali, ministre des Sports iranien, avait toutefois remis en question mardi la participation de l’Iran à la compétition.
« Sachant que ce gouvernement corrompu a assassiné notre leader (le Guide suprême de la République islamique l’Ayatollah Ali Khamenei, ndlr), les conditions pour participer à la Coupe du monde ne sont pas réunies. Nos enfants (les joueurs de l’équipe nationale, ndlr) ne sont absolument pas en sécurité. Compte tenu des actions né fastes qu’ils (les États‑Unis, ndlr) ont menées contre l’Iran, nous imposant deux guerres en huit ou neuf mois et causant la mort de plusieurs milliers de nos concitoyens, il nous est impossible de participer à ce tournoi », a-t-il déclaré à la télévision iranienne.
Cette réaction s’inscrivait dans la continuité des propos tenus par les autorités iraniennes depuis le début de la guerre déclenchée par les États‑Unis et Israël.
Peu après le début de l’offensive, le président de la Fédération iranienne de football Mehdi Taj avait d’ailleurs évoqué l’hypothèse d’un boycott, précisant que la décision finale reviendrait aux autorités sportives du pays.
– « Ils sont à bout de forces » –
« Ces évènements n’échapperont pas à des répliques… Mais pour l’instant, avec cette attaque et cette cruauté, il semble impossible d’envisager la Coupe du monde avec optimisme », avait-il expliqué à la télévision iranienne.
Trois jours plus tard, dans un entretien accordé à Politico le 3 mars, Donald Trump, interrogé sur la participation ou sur un éventuel boycott iranien, avait répondu: « Je m’en fiche complètement ». « Je pense que l’Iran est un pays fortement battu. Ils sont à bout de forces », avait-il ajouté.
Certains observateurs évoquaient aussi la possibilité que les États‑Unis ne puissent pas accueillir les Iraniens pour des raisons de sécurité, mais ce scénario semble avoir été écarté par Donald Trump, selon le message communiqué mercredi par Infantino.
« Nous avons tous besoin, plus que jamais, d’un événement comme la Coupe du Monde de la FIFA pour rassembler les gens, et je remercie sincèrement le président des États‑Unis pour son soutien, car cela démontre une fois de plus que le football unit le monde », a insisté Infantino.
Le président de la Fifa, seul dirigeant sportif présent à l’investiture de Donald Trump, affiche régulièrement sa proximité avec le président américain, au point de lui avoir remis l’an dernier un « Prix FIFA de la Paix » créé pour l’occasion, dont les critères n’ont jamais été précisés.