Les Américains ont pris d’assaut les rues samedi, affichant leur opposition à Donald Trump lors d’une journée de mobilisation nationale que la droite décrit comme un mouvement « de haine de l’Amérique ».
Du nord-est au littoral ouest, en passant par Chicago, La Nouvelle-Orléans et des villes plus modestes du Midwest, environ 7 millions de personnes ont participé à plus de 2 700 rassemblements, selon les organisateurs.
Cette alliance d’associations réunies sous le cri « Pas de rois » avait déjà organisé à la mi-juin une mobilisation majeure le jour de l’anniversaire de Donald Trump, avec selon elles environ 5 millions de manifestants, chiffre non vérifiable officiellement, les autorités américaines n’en fournissant pas d’estimation à l’échelle nationale.
Il s’agissait néanmoins du plus vaste mouvement de contestation observé dans le pays depuis le retour au pouvoir du républicain.
Dans des cortèges importants ou par dizaines le long des routes, des Américains de tout âge se sont mobilisés ce week-end dans une atmosphère bon enfant pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « prise du pouvoir autoritaire » de Donald Trump et de ses proches.
« Ils sont en train de détruire la démocratie », déclare Isaac Harder, lycéen rencontré par l’AFP dans la capitale Washington. « Ce n’est pas l’Amérique, c’est du fascisme ».
« Nous sommes en pleine crise face à la cruauté de ce régime, à son autoritarisme », ajoute Collen Hoffman, retraitée participante à New York, où plus de 100.000 personnes ont défilé « pacifiquement », selon la police locale.
– Hippopotame –
Au Texas et en Floride, bastions des conservateurs, des manifestations ont aussi émergé, notamment à Houston et autour de la résidence Mar‑a‑Lago où Donald Trump passe le week-end.
Face au camp républicain qui les accuse de « promouvoir la haine de l’Amérique » et les a même qualifiés de terroristes, les manifestants ont répondu avec une touche d’humour.
Certains d’entre eux ont défilé en costumes décalés de pingouin, de homard ou encore d’hippopotame, d’autres brandissant fièrement le drapeau américain en riposte aux attaques de la droite.
À travers le pays, diverses pancartes montrant Donald Trump déguisé en Staline, en reine d’Angleterre ou en Roi Soleil ont jalonné les cortèges, où résonnaient des chants appelant le républicain à quitter le pouvoir.
Le président, qui avait menacé en juin de répondre aux manifestants avec une « très grande force », n’a pour l’instant fait qu’un commentaire cette semaine sur Fox News : « Je ne suis pas un roi », et est resté silencieux samedi.
Sur les réseaux sociaux, un compte affilié à son équipe de communication a publié plusieurs photos et vidéos générées par l’IA le présentant en monarque.
– « Réduire au silence » –
Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a bouleversé l’équilibre démocratique américain en empiétant sur les prérogatives du Congrès et des États, et en menaçant ses opposants de représailles judiciaires, autant d’actions explicitement dénoncées samedi.
« Comment cela at-il pu arriver ? », s’émeut auprès de l’AFP Jennifer Bryant, une avocate rencontrée à Houston au Texas. « Les choses évoluent si rapidement, ils détruisent nos institutions, licencient des fonctionnaires et s’emparent des fonds publics ».
Cette nouvelle journée de mobilisation survient en pleine paralysie budgétaire de l’État fédéral et alors que Donald Trump a déployé des militaires dans plusieurs fiefs démocrates pour lutter, selon lui, contre l’immigration illégale et la criminalité.
En signe de contestation, plusieurs rassemblements se sont tenus dans les villes où il a envoyé la Garde nationale, telles que Chicago ou Los Angeles.
Plusieurs figures de gauche, comme Bernie Sanders ou encore le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, étaient présentes dans les cortèges.
AFP