Au cours du deuxième trimestre 2026, le secteur de la microfinance a poursuivi sa trajectoire de croissance, affichant une hausse du nombre de clients, des dépôts et des crédits. Cependant, cette dynamique s’accompagne d’un affaiblissement des fonds propres et d’un affinement de la qualité du portefeuille.
Les institutions spécialisées dans la microfinance (IMF) poursuivent leur progression en matière de financement de l’économie. C’est ce que révèle le rapport sur la situation de la microfinance au Sénégal que nous avons pu consulter. Au cours du deuxième trimestre 2026, leur activité a enregistré une évolution globalement favorable, avec une progression simultanée du nombre de membres et de clients, ainsi que des dépôts et des prêts accordés.
Cette dynamique confirme le rôle croissant du secteur dans l’inclusion financière, tout en faisant apparaître des signaux d’alerte concernant la solidité financière de ces IMF. Le cumul des membres et clients s’est établi à 4 839 301, soit une augmentation de 1,3 % par rapport au trimestre précédent. Cette progression est tirée par les adhésions des femmes (+1,4 %), des hommes (+1,1 %) et des personnes morales (+1,8 %).
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Sur une base annuelle, 204 614 nouveaux comptes ont été ouverts, soit une progression de 4,4 %. Rapporté à la population totale, le taux de pénétration du secteur atteint 26,5 %, contre 26,2 % trois mois plus tôt. Le taux d’accès de la population adulte, ajusté des doublons et des comptes inactifs, progresse de 0,1 point à 20,5 %.
Cette évolution témoigne d’une présence accrue de la microfinance dans les circuits financiers, en particulier auprès des populations et des acteurs économiques moins directement connectés au système bancaire conventionnel. L’encours des dépôts s’élève à 641,8 milliards de FCFA, marquant une légère hausse de 0,2 % sur le trimestre. Cette enveloppe représente 3,7 % du PIB et 7,2 % des dépôts bancaires.
Du côté du financement, les IMF ont accordé 241,1 milliards de FCFA de crédits au cours du trimestre, soit une hausse de 4,6 %. L’encours de crédit s’est établi à 887,4 milliards de FCFA, en progression de 1 %. Le secteur représente ainsi 12,1 % du crédit à l’économie et 5,1 % du PIB.
Ces chiffres illustrent le poids désormais significatif de la microfinance dans le financement des activités économiques, notamment des petites entreprises, des travailleurs indépendants et des ménages. Mais, derrière cette dynamique, les indicateurs prudentiels appellent à la vigilance.
Le taux de crédits en souffrance s’est détérioré de 0,6 point pour atteindre 7,7 %. Il se situe ainsi largement au-dessus de la norme de 3 %. Cette dégradation constitue l’un des principaux points de fragilité du secteur, dans un contexte où la progression des crédits doit s’accompagner d’une maîtrise accrue du risque. Autre signal à surveiller : les fonds propres des IMF ont reculé de 5,8 %, passant à 242,9 milliards de FCFA.
Cette contraction intervient alors même que l’activité de crédit progresse. Dans le même temps, les emprunts ont augmenté de 0,8 % à 204,5 milliards de FCFA. Le deuxième trimestre présente un double visage : celui d’un secteur qui élargit sa base de clientèle et accroît sa contribution au financement de l’économie, mais dont la qualité du portefeuille et les marges de sécurité financière doivent faire l’objet d’une attention renforcée.